• [2011-04-18] Les effets pervers de la Révolution Verte dénoncés par le Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation

    [Rapport du R.S.D.A. sur les politiques semencières, 2ème partie]

    Olivier De Schutter, Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation (R.S.D.A.), dans son rapport intitulé « Politiques semencières et droit à l’alimentation : accroître l’agrobiodiversité et encourager l’innovation », dénonce les effets pervers de la Révolution verte et invite à changer de paradigme[1].

    Certes, le modèle de développement agricole appelé « révolution verte » visait à développer l’agriculture, en favorisant l’accès des exploitants, notamment les petits paysans, à des semences améliorées. 

    « L’aide aux paysans consiste souvent à fournir des intrants, notamment des semences et des engrais ainsi que des pesticides, puisque l’une des raisons pour lesquelles les petits agriculteurs sont pauvres et ne peuvent sortir de l’agriculture de subsistance tient au prix élevé des intrants et au manque d’accès au crédit ». (page 11, § 24)

    « Mais, écrit le R.S.D.A., cette forme d’aide n’est pas exempte d’effets pervers ».  Au nombre de ceux-ci, l’expert onusien évoque :

    1)  L’engrenage de la dette et la dépendance vis-à-vis des engrais et des multinationales qui les vendent ;
    2)  l’inadéquation entre les variétés vendues par les multinationales sous forme de semence et les écosystèmes agricoles locaux ;
    3)  l’érosion de la diversité culturale.

    1)   L’engrenage de la dette et la dépendance vis-à-vis des engrais et des multinationales

    « 1° les obtentions commerciales peuvent certes améliorer les rendements dans l’immédiat, mais leurs bonnes performances sont souvent dues à des apports d’intrants (engrais) et d’eau, et elles sont donc peu utiles aux paysans qui n’ont pas accès à ces ressources.

    2° Les agriculteurs qui achètent les intrants avec leurs propres fonds, souvent encouragés en cela par une  période initiale d’intrants subventionnés, se retrouvent pris dans l’engrenage de la dette si une mauvaise récolte les empêche de rembourser ce qu’ils ont emprunté pour acheter les intrants en question. C’est ce qui risque de se produire en particulier s’ils sont passés à la monoculture : ils ont des revenus plus élevés à certaines périodes de l’année, mais beaucoup moins stables d’une année sur l’autre, et sont moins résilients face au changement  climatique ». (page 11, § 24)

    2)   l’inadéquation entre les variétés vendues par les multinationales sous forme de semence et les écosystèmes agricoles locaux  

     « Deuxièmement, les obtentions commerciales ne conviennent pas forcément aux écosystèmes agricoles locaux, pour  lesquels les variétés primitives (variétés paysannes anciennes) sont peut-être mieux adaptées ». (page 11, § 24)

    3)   L’érosion de la diversité culturale

    « Troisièmement enfin, l’expansion des superficies plantées d’obtentions commerciales accélère l’érosion de la diversité culturale, puisque les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à cultiver les mêmes plantes et à utiliser les mêmes variétés « améliorées » dans leurs champs ». (page 11, § 24)

     

    Les références citées en notes infrapaginales par le R.S.D.A. ne sont pas reproduites ici.  Pour en prendre connaissance, veuillez vous reporter au texte original.

     


    [1] Dans un communiqué de 2008, le R.S.D.A. invite les Etats à considérer les autres modèles de politiques agricoles existants et non de s’accrocher au paradigme de la Révolution Verte.

    « [2011-04-18] Quels liens entre les politiques semencières, le droit à l’alimentation et les droits de propriété intellectuelle (les brevets)? [2011-04-18] Quels liens entre la Révolution verte, la propriété intellectuelle (les brevets) et la dépendance des paysans? »

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