• Voici des livres lus en librairie que j'ai aimés!

    La vie en bleu de Elsa Oriol

    La fille en bleu

    Entre le fantasme et la réalité, un gouffre est possible.  La fille rêvée ne correspond pas à la fille réelle...

    J'ai aimé la manière de traiter l'amitié, réelle et imaginée, j'adore la douceur des traits, et la finesse des illustrations d'une histoire d'amitié qui coupe vite court. 

    ***

    Parce que la petite fille y est active, avec du caractère.  Que le prince est croqué avec une pointe d'ironie, vu son caractère de cochon...parce que les dessins sont beaux.  Parce qu'il s'agit d'un conte qui sort de l'ordinaire. Parce que la chute est intéressante même si, on s'en doute, dans le même ordre que n'importe quel conte de fée, il y a un mariage.  Mais la fille témoigne de simplicité, loin des froufrous d'un palais et des apparâts que les autres contes prêtent aux filles. Le Prince n'y est pas charmant mais le devient, non pas quand il tombe sous le charme de la beauté de la fillette, mais parce que ce qu'il découvre d'elle l'attire. On n'est loin du Prince qui ne désire que s'accoupler avec une femme pour faire plein d'enfants.  Peut-être que ce livre n'est pas un conte, finalement...

    Un très grand Prince de Célia Le Dressay (autrice) et Cati Baur (illustratrice)


    Un très grand prince

    ***

    Pour sortir des clichés de la fillette passive et sage, que souvent on voit derrière une vitre, à l'intérieur, à une table, voici un livre qui donne un rôle actif et espiègle à une petite Zélie (qui n'est pas blonde, mais brune): Ne chatouille jamais un tigre de Pamela Butchart (autrice) et de Marc Boutavant (pour les magnifiques et colorées illustrations)

    Ne chatouille jamais un tigre

     

    Espiègle et désobéissante, car si si, cela existe des petites filles qui s'éloignent des Martine et Caroline...

    Zélie touche à tout

    ©photos: Butiner de livres en livres. Le blog présente une critique sympa du livre

     

    ***

    Et voici un livre que je lis chaque fois que je le trouve en librairie.  Je l'adore. Je vais finir par l'acheter un jour. J'aime la poésie et la légèreté du sujet. J'aime les dessins.  Les illustrations sont magnifiques et poétiques. Elles collent parfaitement aux textes.  Dans l'herbe, de Yukiko Kato et Komako Sakai.  Bon, de manière générale, j'aime l'univers de Komoko Sakai.

    Dans l'herbe

    ***

     

    Dans la même idée, pour sortir du cliché de la fillette derrière un bureau ou une cuisine, ou à l'intérieur, voici une princesse désobéissante qui sort!

    Princesse Astro

     

    J'aime moins le graphisme, vous vous en doutez.  C'est le genre de livres que je n'achèterais pas, contrairement aux précédent, mais que j'emprunterais bien à la bibliothèque.

    ***

    Enfin, voici un livre sur lequel j'ai flashé en librairie un jour.  J'ai aimé le thème de la peur.  Comme je le répète à mes enfants (et à quiconque), face à la peur, je recommande non pas de la lutter, de la surmonter mais de l'accompagner pour faire avec. Il l'a fait de Ole Könnecke.

    Il l'a fait!

     


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  • En même temps que La casserole d'Anatole, j'ai craqué pour un livre de Catherine Dolto.  Je ne suis pas méga fan de cette collection bien que l'un ou l'autre livre soit intéressant.  Surtout parce que parfois les sujets y sont traités de manière conventionnelle.  Malheureusement, je n'ai pas d'exemples que me viennent maintenant.  Ma conclusion découle d'une réflexion arrêtée après la lecture de beaucoup de livres de C. Dolto (car j'avais adoré les 1ers lus).  En tout cas, je peux dire qu'il y a quelques perles.  Dont celle-ci (édition de janvier 2015):

    Outre la manière dont le "NON" est amené et légitimé dans ce livre, j'ai apprécié les illustrations.  Les fillettes y sont présentes une illustration sur 2.  On y voit 5 blond-es, et 3 enfants avec des cheveux noirs dont des Asiatiques et des Noir-es.  Il y a 2 enfants avec des cheveux chatin clair.  C'est pas mal, je trouve, comme diversité de représentativité.  Je ne suis pas certaine que cette diversité était présente dans l'édition précédente du livre. 

     

     


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  • Voici un livre sur lequel j'ai craqué samedi en librairie.  Je vous le recommande chaudement.

    Je suis en pleine réflexion sur les contes de fées, en particulier les contes de Grimm. Je savais que le sujet allait arriver avec acuité. Il est arrivé lors de la réunion de parents avec l'instit de 1ère primaire.  J'en reparlerai dès que j'aurais réussi à structurer mes pensées et surtout après avoir trouvé les sources nécessaires pour mon argumentaire.

    Bref, samedi, j'ai flâné longtemps au rayon jeunesse de la librairie. J'ai déniché moult livres intéressants.  Dont celui-ci.

    Couverture de La casserole d'Anatole

    Ce livre est une belle métaphore. Une illustration de l'adage: traîner une casserole.

    Les hypersensibles, les HP et autres s'y reconnaîtront sûrement en criant que le livre les décrivent précisément. 

    Moi, j'insisterais sur le fait que TOUT LE MONDE traîne sa casserole.

    J'aime la poésie, la simplicité et la légèreté du coup de crayon.  J'ai adoré l'allusion au témoin secourable (voy. Boris Cyrulnik sur la résilience). 

    Songez, dans toutes situations qui vous révoltent, osez être ce témoin secourable, cette personne qui montre l'intérêt et la bienveillance à la personne qui souffre; celle qui apporte de la lumière (même faible) quand tout semble noir pour une personne, encore plus pour un-e enfant qui n'a peut-être pas encore le souvenir ou eu la joie de rencontrer une telle personne.

    En effectuant des recherches sur l'image, je suis tombée sur le court métrage inspiré du livre (6 minutes).  Le monde graphique m'inspire moins.  Mais, j'ai aimé la manière de traiter les transitions dans le film.  Et, j'ai remarqué une différence de taille.  La page "punition" présente dans le livre a été oblitérée dans le film happy

     

    Bonne lecture!

     

     

     

     


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  • Il y a 1 an, peut-être 2, j’ai découvert Bea Johnson via une vidéo.  Son histoire m’a fascinée.  Son mode de vie, sa maison, ce blanc, ce vide, cette propreté.  J’ai rapidement voulu tout savoir sur elle.  J’ai visionné toutes ses vidéos, j’ai écumé le net à la recherche d’infos la concernant.  J’ai lu son livre.

    J’ai offert ce dernier, j’hésite même à l’envoyer également à une amie, blonde comme elle, pas du tout portée sur l’écologie…

    Je pense très souvent à Bea Johnson quand je vois des emballages, quand je ne parviens pas à refuser un cadeau inopportun, quand…je pense à la décroissance et à la récup, et à son intérieur nickel.  J’ai souvent pensé que, au moins, cette contradiction méritait un billet. Et, le temps passe. Ce billet reste au fond de ma tête.

    Puis, c’est La revue mitigée de Un blond Une brune qui m’a donné l’envie de m’y mettre, de la rédiger, cette fameuse critique du livre qui traînait quelque part au tréfonds de ma tête.  J’ai aimé cette revue mitigée.  J’aurais pu l’écrire.  Je l’aurais toutefois complétée avec d’autres éléments.  Je vais donc donner ma critique du livre (voy. aussi une critique sur  Sakaïdé)

    Pourquoi ai-je négligé d’écrire un billet sur ce bouquin alors que j’y pense quotidiennement (je n’exagère pas ; j’ai associé Bea J. à la lutte contre les déchets, or, des déchets, j’en produits tous les jours) ?

    Bah, me disais-je, quiconque lit ce bouquin se fera son idée.  Je ne vais pas m’embêter à rédiger un billet à ce sujet alors que le message principal est excellent et que ce qu’elle est et ce qu’elle fait permet de drainer un public plus large que la plupart des écolos qui militent. 

    Comme mentionné plus haut, j’hésite même à envoyer le livre en cadeau à une vieille copine sous le prétexte que physiquement, elles se ressemblent, et en espérant qu’elle le lira et adhérera à nombre des idées qui y sont mentionnées.  J’ai l’idée que mon amie trouvera les propositions de B.J. réalisables/réalistes et sexy, parce que Bea Johnson lui ressemble davantage, dans le style et dans le mode de vie, que Pierre Rhabi, ou que Raffa.  Et pour moi, c’est cela la force première de B.J.  C’est qu’elle ressemble tellement à la bourgeoise classique que la classe bourgeoise BCBG peu encline à s’inquiéter de l’écologie au quotidien trouvera plus facilement des similitudes avec Bea J. plutôt qu’avec une écolo qui roule en vélo pour chercher son panier du  GASAP (AMAP en France) et./ou qui affiche un style plus bohème.

    En cela, ou plutôt, surtout pour cela, Bea J. mérite des lauriers.

    Et si je diffère en de nombreux points de sa philosophie et de sa conception de l’écologie, je ne peux m’empêcher de l’admirer car elle montre qu’il est possible de réduire drastiquement ses déchets tout en maintenant une qualité de vie confortable et moderne, et ce, pour une famille avec enfants.  Ce message est essentiel pour insuffler des envies et de l’espoir. 

    Pour le reste, son message est classique.  J’ai tout de même découvert les 5 R avec elle.  A respecter dans l’ordre !

    1.       Refuser    

    2.      Réduire

    3.      Réutiliser

    4.      Recycler

    5.      Composter le Reste

                                                  

    J’aime ce message qui met l’accent sur le refus, la réduction et la réutilisation avant le recyclage.  Pour comprendre comment le recyclage a été récupéré par la société de consommation pour devenir une composante du greenwashing, une petite recherche sur votre moteur de recherche vous convaincra (1). 

    Changez vos machines l’esprit tranquille, votre GSM, lave-vaisselle, lave-linge, ordinateur sera recyclé…(2)

    En tout cas, pour moi, le plus dur est : 1. De refuser ; 2. De réduire.  3. Vient aussi ce leitmotiv que j’aime mais qu’il convient de nuancer : le do-it-yourself.

     

    • Cachez ce déchet que je ne saurais voir

     

    Vous avez déjà tenté de refuser un cadeau ?

    Je ne sais pas chez vous, mais dans ma vie à moi, avec les gens que je côtoie, c’est juste mission impossible.  Enfin, presque impossible.  C’est quasi impossible en restant poli-e.  Je peux refuser si c’est une personne que je connais très bien et qui partage mes valeurs…et encore, pas tout.  Il y a des cadeaux difficiles et impossibles à refuser, même d’ami-es et familles proches.  Cela dépend du cadeau et des circonstances.

    Quant à refuser dans les magasins, ok pour le vrac  Malheureusement pour moi, mon homme fait de la résistance avec les beaux sacs en coton coloré et en soie que j’ai cousus.  Il n’y adhère pas.  Or, c’est lui qui fait les courses aux Tanneurs.  Il se contente de réutiliser les sacs en papier.  Il saute l’étape « refuser et réduire le déchet » pour « réutiliser ».  Je ne m’attarderai même pas sur les prétextes qu’il m’avance.  Le frein est d’ordre psychologique.  Point.

    Par ailleurs, je souhaite parler d’un autre fait.  Parfois, le vendeur/la  vendeuse a de tels automatismes que même si je lui ai signifié mon refus pour la galette accompagnant la glace, la marchande de glace la glisse toute de même.  Idem pour le cellophane que la vendeuse ou le vendeur a déjà déballé et coupé.   Du coup, le refuser et voir la personne jeter l’emballage ou la nourriture relève du gaspillage gratuit.  J’ai ainsi été choquée de voir, dans un reportage vidéo (minute 38), Bea J. refuser du cellophane dans un supermarché et laisser le vendeur jeter ledit plastique.  Idem avec les tickets de caisse en papier qui sont tout de même émis, et donc jetés dans la poubelle du magasin.  Idem avec les petites boîtes des fraises et framboises et d’autres fruits fragiles dans les marchés.  Les transvaser Purement et simplement dans un sac maison n’enlève en rien l’existence du déchet.  Tous ces emballages que Bea J. génère mais ne reprend pas chez elle composent ce qu’un ou une commentatrice du billet « Revue mitigée » d’Un blond Une brune a appelé : les déchets cachés. 

    Or, B.J. et sa famille en génèrent beaucoup, des déchets cachés.  Cachez ce déchet que je ne saurais voir !  Ce n’est pas parce qu’ils ne terminent pas dans leur poubelle familiale mais dans celle des magasins où ils et elle s’approvisionnent, dans celle de leur-s ami-es ou familles, que ces déchets n’existent pas.  Compter sur le force de l’exemple (si en masse, nous refusons le déchet, les fournisseurs et fournisseuses agiront) est pertinent qu’en cas de revendication publique (et massive).  A défaut, il s’agit de gaspillage éhonté d’un emballage qui existe mais qui se trouve hors de la vue de la famille zéro déchet.

     

     

    • Zéro déchet ≠ écologique systématiquement

     

    Je suis à fond partisane pour réduire les déchets.  100 % à fond ! 

    Toutefois, je suis à fond pour réduire les déchets physiques et matériels quand cet objectif s’inscrit dans une démarche écologique.

    Entre un objet, potentiel déchet, et un objet faussement « virtuel » …dont le déchet – bien réel, lui - n’est pas visible…mon choix est fait.  En fait, ce paragraphe aurait pu faire partie de « Cachez ce déchet que je ne saurais voir ».

    B.J. est très portée sur les nouvelles technologies là où je suis clairement pour une société low tech.  Il me semble que le raisonnement de B.J. est trop court sur ce point.  Comme sur beaucoup d’autres, d’ailleurs.  Ma critique principale est qu’elle ne va pas jusqu’au bout de son raisonnement, et se limite à ce qui est visible.  En clair, à force d’obsession sur le plastique et le déchet, elle oblitère des aspects fondamentaux, inhérents pour moi, à la démarche écologique : le social et l’éthique.  Sans oublier des considérations d’ordre féministe.  Son affection pour Amazon, ses supermarchés et sa voiture témoignent de sa cécité pour les aspects sociaux et éthiques sous prétexte de réduire drastiquement les déchets visibles qu’elle rapporte chez elle (3).

    Ceci dit, pour la défense de B.J., j’ai vu une photo de sa boîte mail…Elle est vide.  Elle supprime systématiquement ses mails après les avoir lus.  Cela dégage donc de la place.

    Cette pratique est un brin excessif pour ma personne. Contrairement à elle, j’ai besoin de traces.  J’ai toujours adoré garder des traces du passé.  Depuis petite, je redoute cette idée que je ne pourrais plus me souvenir d’un événement important, et que personne ne pourrait témoigner du déroulement de l’affaire, des émotions, des réactions, etc.   J’aime garder les correspondances papiers, les mails échangés, etc. 

     

    • Zéro déchet ≠ éthique systématiquement

     

    Il est douteux qu’une femme tellement informée et connectée ne connaisse pas les critiques virulentes envers Amazon (4).

    En outre, B.J. ne remet pas fondamentalement le système des supermarchés en cause.  Là où les Gasap, ou amap, critiquent la « politique » féroce des supermarchés envers les petits et petites productrices, ainsi que le greenwashing des supermarchés, B.J. va toutefois les préférer aux agriculteurs et agricultrices, producteurs et productrices locales.  A sa décharge, reconnaissons que son supermarché où les produits sont accessibles en vrac en fait un magasin déjà peu ordinaire.  Ceci dit, je n’ai pas souvenir qu’elle privilégie l’agriculture, l’alimentation ou les tissus biologiques.  Il est vrai qu’au supermarché, le bio relève plus du greenwashing que d’autre chose. Mais pourquoi ne pas avoir approfondi la voie des Gasap ?  L’absence de dialogue avec les producteurs et productrices de son Gasap est décevante.

    De plus, entre le jambon (ou n’importe quel produit en fait) non emballé mais non issu de l’agriculture raisonnée – si pas bio – et le jambon Coprosain ou Coprobio sous vide…je pense que la balance de l’empreinte écologique ne penche pas là où B.J. le croit.  Cette dernière semble occulter l’énergie grise, autrement l’énergie nécessaire à la production.  Les pesticides, les machines agricoles, le transport, etc.  ne sont pas neutres écologiquement…(5)

    Je rajouterais que ne pas remettre en cause la consommation de viande est également critiquable.  Pour sa défense, il s'agira de rajouter qu'elle et sa famille n'est pas LE modèle à suivre, elle explique juste qu'il est possible de consommer autrement.

     

    • Transportez loin ce déchet que je ne saurais voir

     

    Si un compost collectif est plus efficace, j’ai juste halluciné lorsque, à l’occasion du reportage Complément d'enquête dont j'ai parlé plus haut, j’ai appris que les déchets compostables de la famille Johnson parcouraient 100 km. 

    Ce choix m’est donc incompréhensible dans une démarche écologique.

    Par ailleurs, je me suis souvent demandée comment je supporterais – ou comment mon homme accueillerait ma demande de – le poids des bocaux en verre en vélo.  Le choix des bocaux en verre, c’est compatible avec un transport motorisé ou, en vélo, si les bocaux ne sont pas nombreux.

     

    • Le mode de vie minimaliste, compatible avec le mode de vie basée sur la récup ?

     

    A voir B.J., ainsi que Lauren Singer, une de ses acolytes, la réponse est clairement affirmative.

    Pourtant, je me pose régulièrement la question.  A mon sens, en tout cas, pour vivre réellement sans acheter, en consommant le moins possible, il est judicieux de conserver tout ce qui peut un jour servir, tout ce qui est destiné par d’autres à la déchetterie mais qui ne le mérite pas.  Bref, il convient de disposer d’espace afin de conserver ces objets, grands ou petits. 

    Idéalement, cet entrepôt devrait être commun avec d’autres.  J’avais vu ça, et cela m’avait parlé, lors d’un reportage dans une communauté, style habitat groupé, voire même squat.  La collectivité disposait d’énormes hangars pour y stocker tout ce qui, dans l’immédiat, ne servait à rien mais qui pouvait un jour servir, comme ce bout de cuivre, cette poignée cassée, cette porte défoncée, ce fauteuil délavé, etc.   Le livre Objets réinventés, la création populaire à Cuba  témoigne de cette obligation de conserver le moindre bout d’objets, en plastique ou non, quand on manque de tout. 

    Si B.J. peut vivre en jetant, donnant, le moindre objet qui ne sert pas dans l’immédiat, c’est parce que Bea J.  sait qu’elle dispose des moyens financiers et autres pour se procurer un tel objet si, d’aventure, elle en avait besoin.  Ne serait-ce qu’en l’empruntant ou en le louant, voire en l’achetant.  Cela est possible dans une société où l’abondance règne.

     

    • La vie minimaliste, en noir et blanc ?

     

    Les couleurs sont peu présentes chez Bea J. tant dans son intérieur que dans ses tenues.  Lauren Singer aussi semble s’afficher dans des couleurs neutres.  En effet, la garde-robe devant pouvoir s’agencer entre chacune de ses composantes, les couleurs sont le plus possible passe-partout.  Idem pour l’intérieur qui se doit d’être neutre…

    Par ailleurs, j’en ai parlé autour de moi et mes amies m’ont approuvée.  Il est difficile de se départir de ses habits et de maintenir une penderie minimaliste quand on doit prévoir dans ses armoires des vêtements en cas de canicule, de légers refroidissements, de jours pluvieux, de froids enneigés, etc. 

     

    • Alors, après avoir écrit tout ceci, et il y aurait encore à dire, qu’est-ce que je lui trouve, à la Bea Johnson ?

     

    Alors, oui, elle n’est pas très cohérente car elle prend l’avion, prend la voiture, etc. etc. Mais, dites-moi, qui, dans notre monde, est totalement cohérent-e ?

    Pour l’avion par exemple, comment peut-elle faire ?  Se séparer de son mari et venir vivre en France près de sa famille à elle, afin de ne plus prendre l’avion ?  Ne plus voir sa famille en Europe ?  Voyager en bateau ?  Heu, c’est cher.    C’est comme le train en Europe, c’est hors de prix puisque la politique est tout à l’avion.

    Alors, moi, ça, j’ai beau critiqué l’usage de l’avion pour les citytrips, les vacances d’une semaine par-ci par-là.  Mais pour la famille, quand elle est écartelée aux 4 coins de globe, je ne me permets pas de critiquer.

    D’autres dénoncent son côté marketing.  Pour ma part, j’ai compris qu’elle ne travaillait pas chez un employeur.  Que son mari est indépendant.  Elle ne parle pas d’une rente qui lui tomberait du ciel.  Le fait qu’elle ne travaille pas comme salariée lui permet de disposer de temps, composante nécessaire à sa vie zéro déchet. 

    En effet, elle a beau dire qu'elle gagne du temps et de l'argent, faire les choses soi-même prend du temps.  On rate, on re-rate, on ré-expérimente jusqu’à trouver la recette adéquate.  Tout cela demande du temps.  Le diy exige du temps, il n’y a pas de miracle, alors, personnellement, si elle peut retirer des recettes de son livre, alors qu’elle alimente gratuitement un blog, et accorde des interviews, etc.  je ne parviens pas à y voir de la malice.  A l’heure où je rêve de cesser de travailler et où je me creuse la cervelle pour savoir comment faire rentrer des sous, je trouve qu’elle a trouvé une solution cohérente avec ce qu’elle est et son mode de vie.  Je l’applaudis.  Je l’envie même.

    Enfin, si j’ai pu laisser planer des critiques d’hypocrisie et d’incohérence, j’aime aussi le fait qu’elle assume ses choix.  Elle les veut durable.  Et invite à ce que les nôtres le soient également. 

    Lors de ma lecture Générations végétales, j’ai réalisé comme toutes les options pouvaient se contredire.  Glaner de la nourriture dans les poubelles des supermarchés, c’est manger des pesticides.  Etre végétaR/Lien-ne, c’est difficilement être locavore si on complète avec les lentilles, les quinoa, le soja, etc.  Ce qui est le plus locavore n’est peut-être pas ce qui est le plus éthique, etc.  Le plus décroissant et le moins polluant à mon avis, c’est d’être freegan (glaner les poubelles).  Je pourrais le faire avec des produits bio mais je n’ai encore jamais lu de freegan qui se restreignait sur cette qualité bio.  Je ne sais pas si ce serait possible (j’ai envie de lire Apocalypse maintenant, le livre de Greta Taubert. Malheureusement, il n'a pas été traduit en allemand).

    En clair, Bea Johnson ne détient pas LA lumière.  Elle n’offre pas LA solution. 

    Toutefois, sa réflexion, ses solutions, son mode de vie, et, surtout, sa médiatisation permet de faire entrer des réflexions dans certaines chaumières.  Je me vois très bien offrir son bouquin à ma belle-mère, par exemple, ou à l’amie blonde dont je parle plus haut.  Si déjà, une simple fête de famille pouvait se concevoir sans couverts et serviettes jetables, ce serait déjà ça de gagné.  Or, clairement, Bea Johnson a la tête de l’emploi et vit, d’une certaine manière, tellement dans le courant de la majorité (elle parle de bien s’habiller, de se maquiller, de s’épiler, d’avoir une voiture, de voyager, des nouvelles technologies, de s’insérer bien comme il faut dans la société, etc. ; on est loin d’une femme qui souhaite s’installer dans un écovillage, cultiver la terre et passer son temps à masser ou à faire de l’instruction en famille) que les personnes habituellement réfractaires à certains efforts peuvent constater qu’une vie citadine et moderne est possible sans effort considérable et insurmontable.  Finalement, son style minimaliste qui me fascine mais dont je suis le plus sceptique est clairement ce qui fait sa force et la rend « médiatique ».  On est loin des boubou (bourgeois-es bouzeux-ses, Une vie pleine,   ou des bourgeois bohèmes, les Bobo tels que caricaturé-es, bariolé-es de couleurs et de vêtements amples), on est loin aussi des écolos qui s’affichent uniquement en sandales et avec des vêtements troués trouvés aux puces et qui tolèrent exclusivement la marche à pied ou le vélo, et prônent le retour à la terre.

    Enfin et surtout, elle est inspirante.  Et malgré l’incohérence dans ses choix, j’admire sa constance et la fidélité à ses principes.  Il nous arrive toutes et tous de ne pas respecter le zéro déchet.  Chaque fois que je le fais, je le regrette. Par contre, j’en ai toujours conscience, prendre un emballage n’est plus jamais anodin pour moi.  En comparaison, j’ai été désagréablement étonnée, lorsque dans un reportage suisse sur le zéro déchet , la dame interviewée est surprise en flagrant délit d’utilisation d’un emballage papier (donc jetable).  La cliente justifie alors cet usage en expliquant qu’elle a pris le papier machinalement sans réfléchir ; et que, comme c’est du papier, il se recycle facilement en France.  Et bien, c’est le côté radical de B.J., qui peut être irritant, mais qui moi me fascine tout de même et que je trouve admirable. Elle ne prend aucun emballage de manière machinale.

    Certaines personnes lui reprochent son côté gourou.  Soit.  Toujours est-il que j’ai vu fleurir sur le net des blogs visant à l’imiter et à limiter la consommation de déchets.  En cela, elle a déjà gagné.

    Bref, j’ai beaucoup appris de Bea Johnson.  Et je la trouve admirable en bien des points, contestable et incohérente en bien d’autres.  Un peu comme nous toutes et tous, en somme.

    En clair, Zéro déchet de Bea Johnson est clairement un livre que je recommande, ainsi que son blog.  Depuis que je l’ai découverte, j’affectionne encore plus les objets en inox et en bois (j’ai notamment découvert le magasin sans-bpa.com).

     

    Et moi, que m’a apporté ce bouquin ?

    Voici une petite liste de ce que, personnellement, le livre de B.J. m’a poussée à changer dans nos habitudes :

    -         Essuie-tout : j’ai recyclé une serviette dans un drôle de tissu que ma belle-mère nous avait donnée, - nous ne l’aimions pas (tissu censé reproduire la peau de pêche) - en le découpant en carré.  Les bouts de carrés se nichent dans le tiroir de la cuisine à côté des serviettes et essuies de vaisselle.  On n’achetait déjà pas souvent des essuie-tout, mais quand même, de temps à autre.  Maintenant, on n’en achète plus jamais.

    -         Papier toilette : je me suis confectionné des serviettes pour l’urine, pour mon usage personnel.  Je les utilise occasionnellement.

    -         Serviettes de table : j’avais déjà investi dans quelques jolies serviettes de table.  Depuis, j’en achète chaque fois que j’en trouve de jolies sur les brocantes.  Et nous n’achetons plus de serviettes en papier.  On a des serviettes pour notre quotidien, et celles pour les invité-es.  Cela, en fait, nous le faisions déjà avant B.J. mais c’est vrai que j’avais encore de jolies serviettes en papier pour la fête d’anniversaire, et des assiettes en carton.  J’avais encore des verres en plastique, et d’autres vaisselles jetables pour les fêtes.  Maintenant, nous n’en disposons plus. 

    De plus, je prends systématiquement une serviette de table au bureau. 

    -         Les cure-dents : j’ai acheté en brocante des piques apéritives.  Je n’utilise pas les cure-dents pour les dents.  Les piques apéritives n’ont pas cette vocation.  Allusion à la remarque de Un blond Une brune.  [Pour les dents, le cure-dent est à proscrire.  J’utilise un fil dentaire du commerce.  Je n'ai pas encore trouvé de solution satisfaisante écologique et sans emballage.]   

    -         Gourde : aussi incroyable que cela puisse paraître, j’utilisais toujours une bouteille en plastique que je remplissais jusqu’à l’usure.  En fait, jusqu’à ce que le goulot sente mauvais.  C’est d’ailleurs cette crainte qui me retenait d’investir dans une gourde.  Depuis la lecture de B.J., j’ai tenté l’aventure de la gourde, à large ouverture pour faciliter le nettoyage.  Tout en inox.  Le pur dur fut de trouver un bouchon également en inox.  Finalement, au quotidien, j'ai abandonné ma gourde pour une gourde isotherme, qui garde l’eau fraîche en été et chaude en hiver.

    -         Thé : je n’ai plus acheté de thé en sachet.  Même si je compostais les sachets de thé – bio- que nous avions.  J’utilise systématiquement un œuf en inox ou une passoire en porcelaine, vous savez, celle qui va avec la tasse à thé.  Bon, en vérité, depuis que j’ai cueilli pléthore de plantes, de feuilles et de fleurs l’année dernière, je n’achète plus de thé :-D

    -         Verres : j’ai giveboxé les verres en plastique pour enfant et ai trouvé à la donnerie et en brocante des verres en inox.

    -         Mouchoirs : nous utilisons des mouchoirs en tissus.  Il est vrai qu’en période de grandes épidémies à la maison, nous achetons encore de temps à autre, des mouchoirs en papier. Mais j’espère que cela ne se fera plus.  Facile de le dire en été.  On verra en hiver quand toute la famille sera malade et que les nez et lèvres seront gercés à force de moucher le nez.

    J’ai plein de mouchoirs dans mon sac à main, qui sont rangés dans un grand mouchoir plié par les coins opposés.  J’aimerais, à terme, me coudre une pochette à mouchoirs, ainsi que pour les enfants.

    -         Lunch box : nous avions reçu une lunch box en plastique, qui a fini à la poubelle car les institutrices de la première école- communale- fréquentée par fiston avait coupé dedans…Le plastique se faisait la malle.  J’en ai achetée une en inox.   Je me suis débarrassée de nombreuses boîtes Tup*** en plastique mais dès que le placard se vide, d’autres reviennent (par l’intermédiaire de ma belle-mère ; et parfois de mes parents – on rend les boîtes mais en attendant de les rendre, on les utilise, et ma fois, c’est pratique car plus léger que le verre).

    -         Jouets : même en brocante, je n’achète plus de jouets en plastique.  Par contre, j’en reçois toujours. 

    -         Stylo : j’ai décidé d’acheter une cartouche à piston pour réutiliser un vieux stylo de mon homme (j’ai donné mon vieux stylo Waterman que j’avais interchangé, à l’époque, avec mon voisin de banc).  Mon homme m’a acheté un nouveau stylo Parker.  En plastique malheureusement, mais avec une cartouche à piston.  Je suis étonnée car la cartouche pompe l’encre alors que le vendeur où je m’étais renseigné une première fois avait indiqué que les cartouches à pompe devenaient rares car moins efficace, plus problématique.  Pour l’instant, ça va.

    -         Pailles : j’ai investi dans des pailles en inox car mes enfants ADORENT les pailles.  J’ai remarqué qu’elle et il boivent plus avec des pailles

     

    Par contre, malgré notre meilleure volonté et plein d’essais à différents moments, nous n’avons jamais réussi à nous remettre aux couches lavables pour notre fille, alors que Fiston était au lavable dès sa naissance jusqu’à sa propreté (près de 3 ans).  Hihi, depuis la nuit du 31 août, ma fille ne porte plus de couche! :-D

    Notre quotidien est loin d’être zéro déchet.  Je le vois bien, nos poubelles (cuisine et salle-de-bain) se remplissent à grande allure toute de même, même si nous compostons beaucoup de choses : cartons du rouleau de papier toilette, les cotons-tiges que nous utilisons en alternance avec les cure-oreilles, mes disques démaquillants parce que j’ai renoncé aux disques démaquillants en coton avec ma crème de jour et démaquillante, à savoir du liniment – à l’époque où j’en faisais pour les fesses de mes enfants- ou de la simple huile ; mais je crois que je vais quand même m’en recoudre et accepter que je doive les jeter et les changer souvent, sac d’emballage pour les fruits et légumes quand ils sont trop laminés ; boîtes à œufs (bons pour l’équilibre du compost), etc. Quand je pense que certaines personnes ne compostent pas les pelures d’orange parce qu’elles sont « sans plus aucune énergie intéressante pour la terre », cela me rend incrédule devant une telle bêtise !

    Ce qui me rend dingue, c’est que même en faisant attention, nous avons tout de même encore plein de déchets !  Le sac plastique des papiers toilettes, des langes (depuis peu, ma fille ne porte plus de couche pour la sieste, youpi !), des viandes, des poissons que nous achetons de temps en temps, les pots de glaces, les emballages de chocolat, l’emballage de la cire en paillette que je viens d’acquérir, du bicarbonate de soude, etc. etc.

    Bon, en vérité, il reste de la marge, surtout pour les achats au marché.  Sauf qu’aux Tanneurs, comme c’est à la caisse que les produits sont pesés (olives, fromages), il est difficile de soustraire la tare avant d’y poser le produit…D’où l’intérêt des cotons cirés !

    En revanche, il existe des initiatives telles que celles de Färm  Ce magasin fait payer la barquette pour les petites salades, etc.  afin d’encourager d’amener son contenant !  Je trouve ce genre d’initiatives super !  Vivement l’épicerie coopérative et participative que nous sommes en train de créer dans notre quartier  pour pouvoir appliquer ce genre d’idées ! (j’en reparlerai à l’occasion)

     

    ***

     

    (1) Le business du recyclage, un business comme un autre:

    http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/envoye-special/video-envoye-special-le-business-lucratif-des-vetements-recycles_750057.html

     

    http://industrie.economie-afrique.com/industrie/lafrique-le-business-du-recyclage-de-plastiques/

     

     

    (2) Le recyclage de l'électronique, pour mieux en changer plus souvent

    http://www.sudinfo.be/711360/article/culture/medias/20-ans-du-gsm/2013-04-25/nos-vieux-gsm-valent-de-l-or

     

     

    (3)  Le virtuel, un déchet pas du tout virtuel

     http://www.bastamag.net/Numerique-cette-empreinte

    http://www.consoglobe.com/internet-pollution-reelle-cg

    http://rue89.nouvelobs.com/rue89-planete/2013/01/28/un-e-mail-ca-coute-tres-cher-la-planete-239062

    livre papier ou e-book : http://www.consoglobe.com/livre-papier-vs-livre-numerique-lequel-est-le-plus-ecolo-cg/2

    [ un gars m’a fait peur avec le seul terrain où la pub n’a pas (encore ?  faux.  Voy. Le livre de Naomi Klein La stratégie du Choc) fait son apparition : lien pub dans les livres – en fait, c’est plus subtil)

    http://www.kaizen-magazine.com/le-numerique-cest-plus-ecologique/

     

    (4)  Amazon, pour la déforestation de l'Amazonie

    http://aldus2006.typepad.fr/mon_weblog/2013/05/en-amazonie-la-face-cach%C3%A9e-damazon.html

    http://www.franceinter.fr/emission-leco-du-matin-amazon-sous-le-feu-des-critiques

    Sur l’évasion fiscale : http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/16/en-grande-bretagne-amazon-critique-pour-le-faible-montant-d-impots-payes_3265937_3234.html

    http://datanews.levif.be/ict/actualite/l-europe-critique-envers-l-accord-fiscal-luxembourgeois-d-amazon/article-normal-361809.html

     

    (5)  Pourquoi les supermarchés sont critiquables

    http://www.athentransition.be/articles/pourquoi-developper-les-circuits-courts/

    http://www.contretemps.eu/interventions/nouvelle-critique-travail-contemporain-caissieres-supermarche-question-democratique

    https://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/lagis/documents/CID-WP3IFNouvellecritiquedutravail.pdf

    https://www.youtube.com/watch?v=5HMPiZU8moc

    http://www.ritimo.org/Le-commerce-equitable-au-supermarche

    https://www.financite.be/fr/reference/aux-rayons-du-dumping-et-du-greenwashing-social

    http://comandgreenwashing.fr/pub-communication/la-campagne-les-legumes-moches-dintermarche-un-succes-pas-tres-fairplay/

    http://comandgreenwashing.fr/

    http://www.consumersinternational.org/media/326908/checked%20out%20%28french%29.pdf

     


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  • Ce fut la rentrée hier.  Fiston est maintenant en 1ère primaire!  Ma fille a intégré le jde (pour Jardin d'enfants) d'Olga.  Et nous sommes très heureux et heureuses de ce changement de jde. Ma princesse rayonne dans son nouvel environnement.  Elle a rejoint sa grande amie A. 

    La rentrée en 1ère primaire fut teintée d'inquiétudes de ma part, tandis que mon fils était ravi de ce passage.  Ce dernier s'accompagne d'une série de grands bouleversements. Le 1er qui me choque le plus est la fin des jeux libres en classe.  Les élèves sont désormais dans l'apprentissage formel.  Le 2ème grand changement est la fin des siestes l'après-midi.  Un 3ème changement concerne la ponctualité.  Enfin, je citerai le fait que les parents ne sont plus bienvenus en classe...cry  Je trouve cela trop rude, après les années de crèche et de classes ici et dans d'autres écoles (pour rappel, il s'agit de la 3ème école de mon fils).

    J'ai été très inquiète par la fin des jeux libres.  De plus, le cadre change et devient terriblement strict.

    Ainsi, les enfants et les parents étaient convié-es à une petite rencontre la veille de la rentrée.  Nous n'avons pas pu voir la classe.  J'ai été extrêmement frustrée et choquée par ce choix.  Je savais que le lendemain non plus, nous, les adultes, ne pourrions pas voir la classe.  La différence avec les maternelles est saisissante, et à vrai dire, incompréhensible.  Même dans les écoles traditionnelles, les parents accompagnent les enfants en classe le 1er jour.  De plus, le contexte est différent d'une école à l'autre, Steiner ou non.  Les parents se sont beaucoup investis dans l'école. Ils et elles ont travaillé ferme pour rendre cette école agréable le jour de la rentrée.  Interdire l'accès au local où seront leur enfant alors qu'ils et elles ont consacré des heures à l'école m'est incompréhensible également.  Il y a clairement un changement cette année.  Changement d'échelle.  L'effectif des enfants a plus que doublé.  Le personnel enseignant également.  Il y a beaucoup de nouvelles têtes.  Et, cela s'accompagne d'un changement d'ambiance. Inévitable. Agrandir implique énormément de conséquences, certaines heureuses, d'autres moins.

    L'école a été reconnue par la Communauté française, de sorte que la contribution des parents (facultative mais indispensable pour le maintien de la spécificité d'une école Steiner) est beaucoup moindre.

    L'instit de Fiston se déclare maniaque et je dois dire que cet aveu n'a rien pour me rassurer.  Il m'évoque trop l'expérience que nous avons vécue l'année dernière avec une des jardinières, qui n'a d'ailleurs pas été renouvelée à son poste.  Pour des raisons évidentes de discrétion et de respect de la vie privée et professionnelle des personnes concernées, je n'ai rien relaté de mes mécontentements ici.  Ils étaient suffisamment nombreux pour que nous demandions le changement de jardin d'enfants pour ma fille.  Ce qui fut accordé.

    Concernant mon fils, je me raisonne.  Évidemment, la rentrée de mon fils réveille en moi ma propre rentrée en primaire. J'envie mon petit chéri de vivre sa scolarité dans une école à l'écoute de ses besoins. Je connais très peu sur la pédagogie Steiner.  Et parfois, je me dis qu'il est plus difficile de "vivre Steiner" que d'enseigner "selon les préceptes de Steiner".   Steiner a dit, donc Steiner a raison. Dieu/Déesse !  Que je déteste ce genre de réponses toutes faites: "Steiner a dit".

    Mon fils monte au 2ème étage.  Il était impressionné par tout ce monde.  Il tient la main de son institutrice, tellement il était impressionné et rechignait à me lâcher.

    Je posterai des photos de la classe, de l'école en travaux et des parents s'affairant, prochainement,.

     

    L'accueil chez ma fille

    Remarquez l'enfant à table. Il n'a pas eu envie de participer.  Nulle obligation ni pression.  Il vit sa vie, tout en participant à sa manière, dessinant et, par moments, très attentif à ce qui se passe.

    Ma fille attend de passer sous le pont des alouettes.  Elle arbore le pantalon que je lui avais cousu.

    Et voici le pont des alouettes

     


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  • Dernièrement, j’ai visionné un extrait du film « My dinner with André ».  Puis, je suis tombée sur cet article concernant un tour du monde minimaliste et Végé.  Et enfin, tout dernièrement, j’ai appris qu’une famille rêvait d’autarcie.  Une de plus.  Dans mon entourage, j’ai l’impression que tout le monde, ou presque, nourrit ce rêve d’autonomie, d’auto-suffisance.  Cela m’a mis la puce à l’oreille, cette tendance lourde.  Ces néo-ruraux, comme on dit dans le jargon.

    Durant ma pause-carrière, j’ai aussi fantasmé une vie simple et quasi autarcique.  « Au niveau d’un village ou d’un quartier, l’autarcie », préciserait mon homme.  Etre autarcique pour une famille seule, ni l’une ni l’autre n’y voyons l’intérêt (celles et ceux qui seraient intéressé-es : en fin d'articles, quelques documentaires visionnés ou auditionnés avec passion l’an dernier, dont deux auxquels je pense très souvent : Enfances sauvages (interview radiophonique de l'autrice de Mon enfance Sauvage que je compte bien lire! en 2 parties : 1 et 2) et l'excellent: Être sans avoir  (à visionner!).:

    Ciel que j’en ai rêvé !  Et en même temps, une question me taraude.  Mais qu’est-ce que j’irais faire dans une communauté, un éco-village ?  J’ai peur des animaux, je n’ai aucun attrait pour la culture des légumes, des plantes ou des fleurs.  Je ne suis pas spécialement bricoleuse.  Sans doute, saurais-je me débrouiller, mais disons que je ne me suis pas spontanément tournée vers la construction de meubles ou d’immeubles. 

    J’ai l’impression que de mes mains ne sortent que des objets inutiles, dans le sens qu’ils ne sont pas essentiels, qu’ils peuvent être oblitérés dans un quotidien sobre et simple.  Je parle de mes doudous, mobiles et autres bricolages.  A part ça, j’adore lire et écrire.  Mais, à quoi cela va servir dans une communauté qui aura besoin de bras et de jambes ?  Dans une société low tech, internet figurera en haute place des objets superflus et surtout, énergivores.  D’aucun-es prédisent déjà la mort du web (voy. ici et ici).  La saturation de la toile arriverait en 2023, soit dans 8 ans.

    Quand je visionne les reportages sur l’autonomie et l’autarcie, j’entends toujours cette même rengaine sur la réappropriation de ses savoirs, de son environnement.  Il n’y a plus de métro, donc l’expression « métro-boulot-dodo » n’est pas de vigueur.   Pourtant, c’est quand même « boulot-dodo ».  Une phrase dans Enfances sauvages m’avait marquée parce qu’elle reflétait exactement ma pensée.  Certes, le boulot est choisi mais boulot quand même.  Et en autarcie, on travaille beaucoup.  Dans Une vie pleine, l’autrice ne se cache pas de ce rythme effréné du travail. 

    Évidemment, ce rythme a du sens si le travail est choisi et apprécié.  En même temps, si ce quotidien laisse si peu de place pour flâner, pour se poser, pour découvrir d’autres joies…tellement les tâches journalières sont prenantes et nécessaires, j’en suis venue à me demander si ce n’est justement pas de cette « aliénation-là » que nos ancêtres voulaient s’affranchir, notamment via la machine, via l’électricité, via le pétrole.  Les tâches quotidiennes avalant tout leur temps, et leurs forces physiques, il ne leur restait guère que peu de temps pour vaquer à d’autres occupations ?  Ou est la place de l’art ?  de la contemplation ?  N’est-ce pas se perdre au travail que de constamment garder la tête sur le guidon, même si ce guidon est naturel, écologique, économique et consciemment choisi ?

    Sans doute que j’exagère.  Tout de même, autant dans nos sociétés occidentales actuelles, l’intellect est privilégié, autant dans les sociétés visant l’autarcie ou l’autonomie, c’est le savoir manuel qui est  plébiscité.  Je crains de ne pas avoir ma place dans un tel environnement.  Même si, certes, qu’est-ce que j’aimerais tresser des paniers, feutrer la laine, cueillir les plantes, les sécher…

    C’est lorsque je pense à cela, à ce quelles pourraient être mes occupations dans un éco-village, si un jour, nous osions le pas, que je m’interroge sur ma reconversion professionnelle dans ma réalité d’aujourd’hui. 

    Quel sens aurait :

    • un autre travail de bureau ? 
    • un travail artisanal (fabriquer des doudous et des mobiles, par exemple et pousser d’autres à en acheter pour que mon activité soit suffisamment rentable pour obtenir une rentrée d’argent) ? 
    • de devenir coach, moi qui m’interroge sur le bien-fondé de cette nouvelle mode ; après la croyance que sa vie doit être accompagnée en permanence par un-e thérapeute (lorsque c'était la mode la psychanalyse) ? 
    • ou de développer mon goût pour le graphisme et la communication alors que les critiques envers les fonctions inutiles de notre société actuelle de consommation se dirigent fort logiquement vers les postes de communication (assistant-es/responsable en communication, en gestion de sa personal branding, etc.) ? 
    • ou d’écrire un livre.  Comme le disait un dessin humoristique : les gens ne lisent plus, ils écrivent.   Reflet d’une volonté de créer/produire, de participer et de donner son avis personnel via une production finie.  Je ne critique pas cette envie, puisque j’en ai envie aussi, je souhaite juste le relever pour que je ou vous puissiez vous interroger sur cette nouvelle mode.

    En 1 mot comme en 1000 : ce que j’aime faire n’a aucun intérêt dans et pour une société autarcique où il s’agit de « faire » « avec ses mains ». 

    Certes, il y a également tout ce qui concerne les enfants.  Mais vous le voyez, ce n’est pas vers cela que je me tourne naturellement.  J’aime les enfants.  Au point de consacrer toutes mes journées à m’en occuper ?  J’en doute.

    Par ailleurs, je n’en ai pas encore parlé, mais cette envie d’un ailleurs, de partir…je m'en méfie.  J’ai cette impression que, du coup, notre vie actuelle n’est qu’une parenthèse, n’est qu’une étape à supporter en attendant le Nirvana, en attendant de pouvoir atteindre LE but.

    Je sais que la vie est changement.  Qu’elle est synonyme de changements.  Loin de moi l’idée ni l’envie de le nier.  Mais, à force de viser un objectif et de tout faire pour ce dessein, les yeux rivés dessus, ma crainte est d’oublier de vivre le présent.  Comme ces personnes qui attendent la retraite pour se libérer.  D’autres attendent de perdre du poids.  D’autres de gagner plus d’argent, d’autres de rencontrer leur âme sœur, etc.  Pour moi, la vie, elle est ici et maintenant et non dans un idéal hypothétique.

     

    ***

    Vivre en autarcie / autonomie:

    http://www.sonuma.be/archive/vivre-en-autarcie

    https://vimeo.com/44748330

    http://www.ina.fr/video/CAF90000535

    https://www.youtube.com/watch?v=F_hxfSCNJSU

     


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  • L’autre jour (lundi 10 août), alors que je me chamaille avec mon homme, que je suis très énervée, pas autant que mon chéri ceci dit, notre fille ne dit mot et nous observe.  Elle n’est pas du genre à s’émouvoir de nos éclats, contrairement à son frère, absent ce jour-là.  Pendant que les mots se durcissent et que le ton monte, discrètement et très clairement, je sens la main douce et chaude de ma fille se poser sur mon bras.  Elle me caresse doucement la peau.  J’en avais des frissons.  L’ambiance était froide, les paroles devenaient blessantes, le ton cassant, et elle, ma petite fille, d’un simple geste, a réussi à m’apporter une caresse qui me rappelait la douceur possible du monde.  Geste aussi doux ne m’a pas marquée depuis longtemps.

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

    ***

     Quelques heures ou jours plus tard, je mentionne notre dispute auprès de ma fille :

    -         L’autre fois, papa et moi nous sommes disputé-es.  Ce n’était pas gai, hein ?  Tu n’aimes pas qu’on se dispute ?

    -         Si, c’est drôle quand vous vous disputez.  J’aime bien quand tu te fâches ou quand papa se fâche.

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

      ***

    Vous connaissez le mot : « cependant » et l’expression : « pendant ce temps-là » ?  Mes enfants ont inventé une expression de leur cru : « spendant-là ».  Fiston a cessé depuis.  Et ma fille est en passe d’utiliser les termes corrects, mais des mois durant, nous avons eu droit à des « spendant-là » en lieu et place de  « cependant ».

    Cela me rappelle le « au mieux » de mon fils en remplacement de « au lieu ».

     

      ***

    Ma fille ne perd jamais le Nord.

    Moi m’adressant à mes cousines:  hmm.  Je n’ai plus faim.  Je ne vais pas manger du gâteau [ au chocolat ; qui est dans une assiette posée devant moi]

    Ma fille, dont les oreilles sont toujours à l’affut au mot « chocolat » et « gâteau », ni une ni deux, me rétorque, tout doucement, comme si c’était d’une évidence : donne-le moi, alors.

    Mes cousines et moi avons éclaté de rires.

      ***

    Ma fille adore le chocolat.  Adorer est un faible mot.  Je suis donc toujours surprise de constater, depuis quelque temps (c’est assez récent de quelques mois) comme elle peut attendre avant de déguster son carré de chocolat, ou son bonbon au chocolat.  Elle peut même garder son précieux trésor jusqu’au lendemain.  Elle le veut près d’elle (l’autre jour, je suis descendue chercher un bol pour y poser son carré de chocolat qu’elle avait amené au lit pour le manger après la sieste), et je pense qu’elle se délecte déjà de la pensée de son plaisir futur. 

     

      ***

    Mercredi 19 août.  Ma fille : « Papa, je peux avoir un bébé avec toi ? »

      ***

    Cette anecdote me rappelle que l’autre jour, Alia a déclaré à sa mamy : « Plus tard, je ferai un bébé avec T. [son frère] parce que T. m’a dit qu’il fallait un garçon et une fille pour faire un bébé. »

      ***

    Jeudi 20, rapporté de ma grand-mère.

    La princesse devance sa grand-mère à la sortie de la bibliothèque.  Ma maman lui courre après et lui dit d’arrêter.  Ma fille commence à pleurer à chaudes larmes.  Elle pleure tellement qu’une dame travaillant au rez-de-chaussée cherche ma maman du regard et s’assure que celle-ci accompagne bien la petite fille qui pleure ainsi sur le trottoir.  Elle se couche même, faisant mine de dormir parce qu’ « elle est fatiguée ».  Elle semble calmée quand la même dame sort de chez elle et vient s’enquérir auprès d’A.  Cette dernière recommence alors à pleurer !  L            à-dessus, ma mère emmène sa petite-fille.  Plus loin, elle peut jouer à sauter, comme elle l’avait fait sur le chemin « aller ». 

    Conversation entre petite-fille et grand-mère :

    -         Qu’est-ce qui se passe ?

    -         Je suis fâchée !

    -         Tu es fâchée contre qui ?

    -         Contre toi ! 

    -         Pourquoi ?

    -         Parce que j’en ai marre d’obéir à Mak Yeay !!!(Mak Yeah = Grand-mère en khmer)

    A l’issue de cette narration par ma maman, mon père et moi nous esclaffons de rire le plus discrètement possible.

     

    ***

    Ma maman : Non, laisse cela tranquille ma petite-fille !  Tu en as déjà cassé plusieurs !

    Ma fille fait mine de ne rien entendre.

    Ma maman : C’est Mozart, tu sais.  Tu sais qui est Mozart ?

    Ma fille : … [silence qui dure quelques secondes]  Oui, je sais, c’est un drôle de bonhomme !

    A vrai dire, je le trouve effectivement une drôle d'allure:

    ***

    En pleine recherche de trésors de mer :

     

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

     

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

     

     

    Elle s'exprime aussi autrement qu'en parlant.  Elle squatte beaucoup le pupitre de son frère, au grand damne de ce dernier, soit-dit en passant.

     

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

    Les feuilles partout, c'est la manière très originale qu'ont mes enfants de "ranger" leurs œuvres.

    23 août '15 - Ma fille s'exprime

     

     


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  • Acheté début de l'année, ce livre traîne encore parmi les livres non achevés.  Pourtant, il me paraît extrêmement prometteur, et s'en prend à la juridiciation de l'impôt, le juge confisquant du coup une prérogative politique du Gouvernement.

    13 août '15 - L'impôt confisqué de Martin Collet, Odile Jacob, Paris, mars 2014

     

     


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