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Lundi 21 septembre 2015
Je suis enceinte ! Le test de grossesse a parlé. J’avais des grands doutes, vous le savez. Mercredi dernier, la veille des 6 ans de mon aîné, je n’ai pas résisté. J’étais en sueur, je passais des bouffées de chaleur aux coups de froid. Je voulais savoir. J’ai donc acheté un test de grossesse ainsi que les compléments alimentaires pour femmes enceintes. Je n’ai pas pu résister et différer le test au lendemain matin. Je me souviens parfaitement avoir fait le test à la toilette du bas pour ma fille, cette fois, je suis montée à l’étage. Je n’ai pas du attendre longtemps. Il s’est vite avéré positif. J’étais heureuse et abasourdie ! Comme si la nouvelle attendue me faisait basculer dans une autre réalité, celle dont j’avais rêvée, celle que j’ai fantasmée, au point de créer des symptômes. Mais, non, en fait, ce n’était pas le fruit de mon imagination, ou de mon envie ; j’ai bien des nausées et le souffle court au moindre effort. J’étais heureuse ! Ce jour-là, les enfants étaient chez mes parents. Quand mon chéri est arrivé, je n’ai rien dit. J’étais dans le couloir. Exceptionnellement, il rentrait en camionnette, et donc par la porte côté rue. Il est entré, est resorti pour chercher le courrier à la boîte aux lettres. Là, il m’a vraiment vue. Je souriais. Sans rien dire.
- Quoi ?
… [je reste muette, un grand sourire aux lèvres]
- Mais quoi ? Pourquoi tu souris comme ça ?
… [idem]
- Qu’est-ce qu’il y a ? Il y a une bonne nouvelle ? Tu as fait le test ?
[J’acquiesce de la tête]
- Tu es enceinte !
[J’acquiesce de la tête]
- Wouah ! génial ! Je me demandais justement en prenant le courrier si tu étais enceinte ! Je suis content ! Cela n’a pas traîné ! Ah, je suis chaque fois plus content. La première fois, je ne savais pas si j’étais content ou si c’était une mauvaise nouvelle. La 2ème fois, j’étais heureux. Et cette fois, je suis encore plus heureux !
[bisous]
- Je m’en doutais. Cela faisait longtemps que tu devais avoir tes règles. Elles tardaient ! [mon homme suit plus précisément mon cycle que moi, à vrai dire, il détecte mon humeur massacrante à l’approche du début de mes règles]
Le lendemain matin, ma fille râlait. Elle est souffrante depuis 2 semaines. J’ai profité d’un moment où elle râlait pour lui dire que j’avais un bébé dans le ventre, et ce, dans le but (inavouable) qu’elle pense à autre chose et arrête de râler (j’ai réussi). Depuis 2 semaines (coïncidence, depuis qu’elle n’est pas bien), je lui disais que j’avais peut-être un bébé dans le ventre. Je l’avais dit aussi à mon garçon. Ce jour-là, j’ai annoncé à ma fille : « tu sais quoi ? J’ai un bébé dans mon ventre ! ». Elle a arrêté de geindre :
- C’est vrai ?
- Oui, c’est vrai
- C’est un garçon ou une fille ?
- Ca, on ne sait pas encore.
Plus tard, samedi, son papa lui a dit qu’elle sera une grande sœur. Réplique très nette :
- Je suis déjà grande sœur. Le bébé est déjà dans le ventre de maman !
Ce samedi-là, son papa lui a demandé de montrer qu’elle était courageuse à son petit frère ou sa petite sœur en prenant le coton-tige imbibé d’huiles essentielles de laurier noble et de giroflier. Je ne suis pas fière de cet argument et ne l’aurais certainement pas utilisé, mais je comprends mon homme. Nous étions à bout. La réaction de ma fille m’a stupéfaite. Elle qui s’opposait totalement à la prise de son médicament, m’a saisie la main, a ouvert la bouche et la refermer sur le coton-tige.
Et hier soir, elle n’a pas pu résister et a dit à Anton, notre petit voisin qui vient d’avoir une petite sœur : « tu sais, je suis grande sœur ». Bref, notre fille est très fière de son nouveau statut.
Pour mon fils, j’ai été moins clair. C’est qu’en moi, je suis ambivalente. J’ai lu qu’il fallait un test sanguin pour confirmer la grossesse. J’ai peur que quelque chose n’aille pas. Fiston en était donc, jusqu’à ce matin, à la version : j’ai peut-être un bébé dans le ventre. Je pense lui avoir dit que j’avais bien un bébé dans le ventre, mais il n’a pas capté cette information, et sans doute est-ce parce que dans ma manière de l’annoncer, car j’ai précisé que je ferai bientôt une prise de sang pour être certaine, étais-je moi-même hésitante. Mais ce matin, sur le chemin de l’école, je lui ai dit que quand même, j’avais un bébé dans le ventre mais que la prise de sang allait le confirmer. Mais que c’était un secret entre les membres de la maison. Pourvu qu’il tienne sa langue. Je sais déjà que ma fille ne la tiendra pas.
Du coup, et aussi parce que je sens que j’ai besoin d’être rassurée, j’ai contacté M., celle qui fut notre 2ème sage-femme lors des accouchements précédents. Avant, dans la journée, je l’ai annoncé à mon amie Sophy qui a ainsi partagé notre joie !
Je suis partagée par des sentiments ambivalents. Pourquoi au juste vouloir 3 enfants et tout recommencer (les couches, les nuits blanches, les tétées ?) alors que je suis sortie de tout cela avec mes 2 enfants ? Les nausées m’éreintent au plus haut point. Pourquoi repasser par cela ?