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Le voilà qui s’élance, court, crie, la maison résonne de ses manifestations de joie. Le p’ti mec est survolté. A quelques pas de lui, deux adultes. Las, ils aimeraient le voir couché, ce gnome qui gâche leur soirée. Rien n’y fait, le lutin ne veut pas. Au lit, il hurle « bas, babas », ce qui, dans sa langue à lui, signifie : « en-bas ». Grâce à l’extrême patience de son premier serviteur qui le veille, le coquin finit par rejoindre Morphée.
Pourtant, pour une raison inconnue, le gaillard fend le silence profond de la nuit par un pleur, un appel. Et voilà, de nouveau, le protecteur au chevet du petit homme. Peine perdue, le chenapan a particulièrement besoin d’être rassuré, réconforté. On ne saura jamais pourquoi, et d’ailleurs, cette question est sans importance. Celle qui fut son premier antre accourt doucement. Après plusieurs tentatives, elle l’installe sur un matelas accolé au grand lit. L’Empereur se calme en tenant la main de sa bienfaitrice. Mais il peine à trouver le sommeil. Ne le voilà-t-il pas qu’il hisse son corps tout contre celui de son ange-gardien. Lové bien au chaud, le garnement s’apaise. On croit la danse terminée. Elle n’est qu’interrompue. Tel une chenille, l’espiègle gravit le corps de sa gardienne. Content de sa place entre ses deux parents, il succombe instantanément, enfin, à l’appel des douces créatures imaginaires...