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[2012-02-14] Dans la série "qui est qui" de mon fils

L'Oedipe, si ce complexe existe bel et bien (j'ai lu que certains remettaient en cause l'existence même de ce processus), commence à quel âge?

Depuis quelques jours, mon fils aime à me demander/affirmer:

"Tu es ma femme, maman".

Heu, 2 ans et 5 mois, pour l'Oedipe, c'est un peu tôt quand même?! ;-)

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M
@ yeu: " A notre génération de changer cela".<br /> Oui! J'espère que mes fils, s'ils doivent le faire, me décrirons comme un père aimant, affectueux et juste. Mais aussi comme un homme avec ses forces et ses faiblesses. Je leur laisse le soin de juger s'ils le désirent.<br /> Je fais de mon mieux chaque jour pour qu'ils me voient de cette manière...
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Y
@m'fi : c'est sûr qu'on ne peut pas généraliser à l'extrême et dire que 100% des pères étaient ainsi à l'époque... Mais quand on lit les extraits des manuels d'éducation de l'époque (fin 19ème, début 20ème) cités par ex amplement par Alice Miller dans "C'est pour ton bien" on ne peut s'empêcher de créer une telle image dans sa tête : le père avait le devoir d'être ferme, sévère avec ses enfants; en utilisant, dans le plus doux des cas, la manipulation. Toute forme d'affection nuisait à l'enfant et était une preuve de faiblesse parentale, cela était d'ailleurs considéré le grand défaut des mères.<br /> Ca fait froid dans le dos, je te l'accorde... surtout ayant moi-même grandi avec un père plutôt à l'opposé de cette image..<br /> Pas plus loin que cela, ma belle-grand-mère (ca existe ce terme ? ) m'a dit l'air de rien au détour d'une conversation que son mari ne prenait jamais ses enfants dans les bras en public (pour consoler, ou pour donner à manger, par exemple), car cela "ne se faisait pas", c'était à la mère de gérer ca. Alors, même sans être violent de sucroît, on peut comprendre que l'enfant soit plus attaché à la mère et percoive son père comme quelqu'un de plus froid et plus insensible que sa mère... Hélas... A notre génération de changer cela
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M
C'est vrai que bon nombre de famille fonctionne encore comme tu le décris: l'homme n'en touche pas une au niveau enfant et ménage.<br /> A mes yeux, ces hommes sont des beauf' car on n'est plus dans ce schéma aujourd'hui puisqu'autant la femme que l'homme travaillent mais bon, c'est comme ça. Ma moitié m'a déjà rapporté des cas où l'homme se croyait tout permis et, alors que sa femme s'occupait de tout ou presque, il arrivait encore à la dévaloriser... J'ai beaucoup de mal à comprendre ce type de comportement de la part de l'homme et beaucoup de mal à comprendre ce que ces femmes trouvent à ce type d'homme...<br /> (Soit dit en passant, bien que je sois loin d'être assidu au niveau ménage mais comme je m'occupe aussi souvent qu'elle des enfants et d'autre tâches du quotidien, moi aussi je dis à ma moitié qu'elle a de la chance... Mais elle ne me dit pas ce que tu dis à ton homme: elle se montre plutôt indifférente à mon commentaire... Je pense que ton homme et moi vous disons ça plus parce qu'on est des hommes et que les hommes aiment qu'on leur répète à longueur de journée qu'ils sont les plus beaux, les plus forts, les plus grands et qu'ils sont des grands champions aux yeux des femmes qu'ils aiment )<br /> Maintenant, par rapport au commentaire de yeu, c'est plus sa description du caractère presque continuellement violent des pères du début du 20e qui m'a interpellé plutôt que la caricature "père / autorité, mère / affection" assez communément admise et probablement justifiée à l'époque... Peut-être que yeu précisera son propos à l'occasion <br />  
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D
Ah, M'fi, c'est sans doute caricatural...(quoi que...encore aujourd'hui, je suis étonnée par la caricature qui règne dans certaines familles où la femme prend en charge TOUT ce qui concerne l'enfant PLUS le ménage.  Mon homme aime me répéter que j'ai de la chance.  Moi, je lui rétorque que je n'ai pas de chance, ce sont les autres femmes qui sont dans une situation intenable, d'où les burn-out maternel.  Bref bref).  En tout cas, M'fi, le droit traduit bien cet état des faits.  En droit romain (d'où s'inspire notre code civil), on parle de "puissance paternelle", le pater avait droit de vie et de mort sur les enfants et sa femme (sans compter les esclaves et autres). Dans le Code civil de 1804, on parle encore de "puissance paternelle".  Ce n'est que bien après qu'est apparue la notion d'autorité parentale.<br /> Bon, je mets, plus pour moi que pour vous, c'est surtout de l'histoire du droit<br /> http://www.sdj.be/admin/fic/Fiche-jdj251-jan06.pdf<br /> http://www.erudit.org/revue/cd/1974/v15/n4/041993ar.pdf<br /> Yeu, oui oui, pour le "tu". 
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M
@ yeu:<br /> Je cite: "Mon interprétation à moi de ce fameux concept d'Oedipe : à l'époque, c'est avant et surtout le père qui punissait, frappait, violentait à la moindre occasion l'enfant, sous prétexte de l'éduquer. La mère, le plus souvent, câlinait et rassurait, "pansait" ces blessures de son petit, tout en subissant elle aussi  plus ou moins souvent cette violence (pour le moins verbale) de la part de son mari. C'est donc normal que l'enfant tente de protéger sa maman en essayant d'éloigner ce mari violent."<br /> Ca fait un peu peur et ca ne donne pas une image très positive des hommes et des pères... Etaient-ils vraiment tous comme cela à l'époque de Freud? (Début du 20e, je suppose...) Qu'est-ce qui permet d'affirmer cela?<br /> Bien que je comprends le sens du commentaire comme ceci: dans la conception traditionnaliste de la famille, le père représente l'autorité et la mère l'affection, j'ai quand même un peu du mal avec l'idée que la majorité des pères se montraient violents avec leur enfant "à la moindre occasion" sans leur donner une once d'affection...<br /> C'est peut être mon petit coeur de père qui parle.
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