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[2012-03-23] Un décret inscription pour la maternelle?

Il y a quelques jours, j'ai lu le récent rapport du CGé (Changement pour l'égalité): La remédiation scolaire.  Une politique du sparadrap?  (décembre 2011).  Cette étude est surtout intéressante en ce que sa réflexion s'élargit au système éducatif même, au-delà du domaine de la remédiation.  Je conseille sa lecture.

Une des recommandations du rapport concerne le déplacement du fameux décret inscription.  Dans le but d'assurer le continuum pédagogique entre les primaires et le 1er degré du secondaire, "il faudrait réguler les inscriptions dès l'entrée au fondamental" (p. 53 du rapport).  Voilà le CGé qui s'attaque à un véritable tabou en Belgique (voy. La salle des profs, le blog du Soir consacré à l'enseignement).

Je suis partagée...Je connais assez bien l'article 24 de la Constitution qui garantit la liberté de choix des parents.  C'est sur cette disposition que s'appuient les tenants d'une liberté totale du choix des parents.  Il est en effet important que les parents puissent choisir une école qui correspondent à leurs aspirations.  Je veux dire, il est important pour moi que je puisse, si je le souhaite, inscrire mon enfant dans une école à pédagogie alternative.

D'un autre côté, la saga que j'ai vécue ces dernières semaines pour inscrire mon petit dans une école dite alternative m'invite "intensément" à reconsidérer mon point de vue.

En clair, l'opacité et l'arbitraire qui gouvernent les inscriptions en maternelle dans les écoles où j'ai tenté d'inscrire mon rejeton me dégoûtent.  Evidemment, c'est parce qu'il est plus que probable que mon garçon reste sur le carreau qu'un désir de vengeance s'invite dans mon esprit...Evidemment...Le réflexe égoïste et individualiste prendrait peut-être, sans doute, le dessus si mon fils avait obtenu une place dans une de ces écoles convoitées.  Ce n'est pas le cas, donc voilà ce que cette situation m'inspire.

Pour moi, qui en plus connais particulièrement bien la législation en matière scolaire, les systèmes de soirées "d'informations" visant, notamment, à expliquer les procédures de "pré-inscription" (notion illégale, en vérité.  Juridiquement, le parent fait une demande d'inscription, l'école accepte la demande ou indique que, pour des raisons de places, elle ne peut l'accepter.  Elle doit alors remettre au parent un papier, donc un écrit daté et signé, attestant de la demande d'inscription et du refus au motif de manque de places...voy. le décret Missions) relèvent pour moi d'une supercherie, d'une mascarade, d'un coup de pub.

Quand je vois l'état de stress, voire d'angoisse, qui submerge certains parents , je ne peux m'empêcher de m'interroger sur le sens de cette réaction (j'y reviendrai peut-être à l'occasion d'un autre billet).  A côté de cette question, surgit celle concernant, non la légalité (c'est illégal), mais la pertinence, la cohérence, la légitimité, la raison d'être de ces séances dites "d'informations" qui sont surtout le théâtre de mise en concurrence ostensible entre parents.

Pourquoi encore organiser des séances "d'informations" alors que le nombre de places disponibles n'excède pas ou prou les cinq doigts d'une main?  alors que le nombre de parents ayant manifesté leur désir d'inscription l'année dernière, les années précédentes excèdent déjà en soi le nombre de places disponibles?  Il y a là une logique qui me dépasse.  Pourquoi faire téléphoner les parents à partir d'une heure précise un jour précis, alors qu'un mail  ou un fax qui indiquerait l'heure où le parent a manifesté son intérêt laisserait le parent, une fois le mail envoyé, libre le reste de sa journée?  Pour nourrir Belgacom?  Pourquoi faut-il un mois à certaines écoles pour répondre si les 5-6 places disponibles sont pourvues ou pas, là où d'autres écoles donnent une réponse en 2 jours?  Pourquoi ne pas dire CLAIREMENT et OUVERTEMENT ET PUBLIQUEMENT le nombre de places disponibles pour chaque année d'études au lieu d'alimenter une opacité, un doute, le vague? Pourquoi exiger des lettres de motivation des parents?  Pourquoi changer les règles du jeu d'une année à l'autre? 

Et surtout, comment osent-elles, ces écoles, prétendre qu'elles agissent ainsi dans un but d'"OBJECTIVITE", de transparence et de respect pour les parents? 

Pour moi, c'est de la rigolade.  Non, j'oserais même, du foutage de gueule.  Puis, ces écoles veulent apprendre la citoyenneté, l'esprit d'équipe, la partipation...Je me marre.

La seule réponse qui me vient à l'esprit quand je m'interroge sur cette manière de procéder, c'est que les écoles osent parce que les parents persistent à les solliciter.  Elles se savent et alimentent ce "pouvoir", elles nourrissent et chérissent ce sentiment d'être "adulées", tant désirées, elles en jouent et entretiennent leur image.  Ces séances "d'informations" fournissent un excellent coup de pub.  Voilà ma conclusion.

Après avoir expérimenté cette supercherie, je ne peux m'empêcher de souhaiter plus de réglementations en vue d'introduire du fair-play et une certaine objectivité réelle dans les procédures.  En cela, je partage la recommandation du CGé.  Certes, un décret inscription ne réglera pas tout, c'est à un changement des mentalités qu'il faut oeuvrer.  Toutefois, à l'image de la remédiation, un tel décret s'apparenterait à un sparadrap qui donnerait à tous les mêmes règles du jeu.  Pour l'instant, la blessure est béante et les écoles ne pensent pas à la panser mais pensent à l'exposer à leur avantage. 

Cependant, je suis réaliste, il est peu probable qu'un tel décret voie le jour les prochaines années...Le tollé provoqué par le décret inscription n'invite pas le politique à  (p)oser un tel geste.

Que reste-t-il à faire?  A pleurer, mes chers amis.  Pleurons...Ou résistons.  Agissons ensemble.  Faisons pression...Oui, c'est épuisant, oui, cela prend du temps, de l'énergie, oui, ...  Que je vous comprends...Alors, on en revient aux larmes?

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D
Un grand merci pour ton mot.  Cela me fait plaisir que tu exprimes un ressenti et énervement similaires.<br /> Terrible, hein?, ce système merd*que...<br /> Pour la réunion-débat des parents sur nos attentes par rapport à l'école, je crois que cela a permis d'éclairer quelques parents. Enfin, j'ai eu des échos positifs.  Par contre, le débat était très centré sur les écoles de notre coin, comme il s'agissait de voir comment les parents pouvaient s'organiser ensemble, et que ceux qui étaient présents étaient, exceptés un couple (de Schaerbeek), clairement dans une volonté de "localité".<br /> Ainsi, tous les parents du quartier n'ont pas été intéressés par l'école Decroly.  Trop éloignée.Par conséquent, je ne sais pas si la maman qui venait de plus loin (de Schaerbeek aussi) a aussi trouvé intéressant cet échange.  Je lui ai demandé de venir partager ici ce qu'elle en pensait.  En toute franchise.  J'espère qu'elle voudra bien.<br />  
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M
Je finirai un jour par privilégier la politique de l'autruche et n'inscrire mon enfant nulle part et le garder chez moi ... C'est là que je me dis: quel luxe d'avoir encore cette option! Mais les parents qui travaillent - quelle liberté de choix ont-ils? 
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M
Bravo pour ce billet qui exprime très, très bien mon ressenti et mon énervement! Quand je compare ce système arbitraire et violent où les écoles ont pleins pouvoirs sur les parents au système instauré par les écoles flamandes à Bruxelles, tous réseaux confondus, je comprends les préjugés que l'on peut avoir à l'égard des francophones. Je regrette infiniment de ne pas avoir été présente hier soir à votre réunion. Si vous deviez répéter ce genre d'initiative, nous ferons notre possible pour nous joindre à vous.
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D
Je viens de mettre en ligne des extraits du décret Missions ici: [2012-03-27] Extraits du décret Missions concernant l'obligation des écoles à inscrire
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D
Olala! m'fi, que je te comprends.<br /> Alors, oui, pour les crèches ONE, tout à fait d'accord avec toi.  D'ailleurs, certaines communes ont mis en place ce système de centralisation des demandes.  Preuve que quand on veut, ici, on peut.<br /> Pour les écoles:<br /> Concernant ton dernier commentaire:<br /> Je confirme.  Ce fut le cas quand il fut question de m'inscrire dans cette école huppée de Bruxelles où il est question d'une homme qui terrasse un dragon.  Elle est, à mon avis, une des plus prisées de Bruxelles. <br /> Je me souviens très bien de notre visite "préparatoire" avec le préfet (j'étais accompagnée de mon père).  Il a examiné mon bulletin.  "Heureusement", je venais d'une école qui "préparait" les élèves à entrer dans cette école ou, si les parents préféraient à l'école de la "Marie Loyale" (j'ai modifié le nom, mais ceux qui connaissent les écoles de Bruxelles reconnaîtront).<br /> Donc, oui, je sais que c'est essentiellement ce genre de comportement élitiste, pour ce genre d'écoles, que le décret inscriptions a été adopté.<br /> Pour ce qui est de ta situation...Je n'avais pas du tout conscience que cela pouvait être aussi terrible.  Je pensais que l'inscription était acquise dans l'école du village, ou du village d'à côté.  C'est ce que j'écrivais par ailleurs: si on avait habité la campagne, ben, je ne me serais pas posée tant de questions et aurais inscrit mon enfant dans l'école du village.<br /> Ici, en ville, vu le nombre d'écoles à une distance acceptable, nous sommes amenés à un certain choix, du moins, en théorie.<br /> C'est fou comme j'appréhende ce genre de situation sous un ange différent depuis que je l'aie vécue.  Les belles théories sur la liberté de choix des parents ...lorsque je vois comment cela se passe dans la pratique, je ne peux m'empêcher d'être révoltée, comme tu l'es!<br /> Je rédigerai un billet sur ce que disent clairement la législation et la Constitution sur le droit des parents de choisir l'école de leur enfant et sur l'absence de choix des écoles d'accepter toute demande d'inscription, pour autant que le nombre de places le permette.  Il semble que peu ait conscience de cette obligation faite aux écoles d'accepter toute demande d'inscription.<br /> Allez, calmons-nous, toi et moi...<br /> Pfff, preuve que cette affaire me chiffonne: je me suis endormie, hier, à re-pensant à cette histoire.  + Le soir de la dernière soirée d'infos, j'avais même rêvé de la directrice et de sa secrétaire...puis d'un autre directeur.  Bref, cette saga a fait travailler ma conscience et mon inconscient.<br />  <br />  
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