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J'ai vu passer cette vidéo amusante sur fb, relative aux maisons passives:
Je l'ai partagée à mon tour sur fb, en y incorporant mes commentaires par rapport aux maisons basse énergie / passives. Je me suis dit que ces arguments trouvaient toute leur place sur mon blog. Donc les voici.
1° Il convient de ne pas se leurrer la face. Plutôt que la construction, optez pour une solution plus écologique et moins énergivore: la rénovation. Là-dessus, c'est mon homme, ingénieur-architecte, qui m'a sensibilisée. Faire construire en Belgique est pour lui (et je le rejoins) un non-sens.
2° Faire construire une maison isolée, pour une famille, voire même deux, est également un non-sens. Il est plus écologique de regrouper les habitations (3-5 maisons, la mitoyenneté conserve la chaleur). Le pavillon entouré de son beau jardin (soit devant, soit derrière, soit autour) est une aberration écologique.
3° Faire construire dans la campagne, c'est faire du péri-urbain (voy. l'excellent livre de Elisabeth PELEGRIN):
a) Ce choix implique de faire des raccords d’égouts, d'électricité, d'eaux, etc., le tout au frais de l'Etat (donc de vous et moi). Alors, qui est le plus assisté, le chômeur ou celui qui, pour son chez soi, fait construire trottoir, égout, électricité, téléphone, etc.?
b) C'est mettre l'accent sur l'usage de la voiture car les villages en Belgique n'existent quasiment plus, ce ne sont plus que des dortoirs de maisons. Une boulangerie? une boucherie? une épicerie ? une école ? un boulot accessible à pied?
c) En achetant ainsi des terres, on met la pression sur le marché immobilier. Les prix des terrains augmentent. Les agriculteurs doivent être riches pour acheter du terrain (Pierre Rhabi relevait ce paradoxe, il faut être riche pour vivre simplement), et l'arracher à la construction. Ce sont des terres que l'on soustrait à l'agriculture de proximité.
Pour moi, ce point s'apparente à un argument massue sur le tout, le tout n'étant déjà pas léger!
4° Beaucoup s'enorgueillent d'une maison passive hautement technologique (domotique, voltaïque, solaire...), technologies qui consomment en soi beaucoup de ressources. Cela ressemble souvent à du greenwashing. Les toilettes sèches? Le potager ? L'orientation pour la chaleur/la fraîcheur et la luminosité? Les peintures écologiques? Le retour vers un outillage mécanique nécessitant essentiellement de l'huile de bras? Le travail et l'école à proximité? Les loisirs à proximité?
Bon, il y a encore pléthore d'arguments... (à découvrir dans le livre d'Elisabeth PELEGRIN). La plupart des arguments sont issus de discussions riches avec mon chéri, et également d'un excellent article lu je ne sais plus où (je ne parviens plus à mettre la main dessus) soit dans Bioinfo, soit dans Bruxelles en mouvement, magazine -gratuit- qui couvre d'excellents articles de fond! Je recommande!.
Tout ça pour dire qu'avant de construire une maison passive aussi jolie et passive soit-elle...il convient de s'interroger sur son geste...et d'y réfléchir à deux fois pour ne pas prendre Dame Nature à témoin pour la détruire davantage...