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Dernier jour de vacances. *** soupirs *** Nostalgie d'un temps qui s'achève...Une nouvelle vie commence lundi... Petit Prince connaîtra sa 2ème rentrée. Il grandit tellement vite.
Nous avons décidé de passer un moment privilégié à trois, le Roi, la Reine et le Petit Prince. La Princesse s'éveille quant à elle à la crèche. Mais le Roi travaille, sa présence avec nous est donc limitée dans le temps.
Je profite d'être Place Wiener pour enfin! me rendre à une petite boutique, Le Relais du triporteur (sur fb, ici), pour le voir en vrai, avec l'envie d'y déguster un chocolat chaud en tête à tête avec mon petit garçon (je n'en ai appris l'existence que récemment, étais étonnée, je pensais connaître les deux épiceries bio de ma commune).
Commande est passée. Je regarde ma montre. Le temps passe vite lorsqu'on évoque le passé! J'ai rappelé à mon garçonnet qu'avant, il n'existait pas, qu'ensuite il était petit comme une graine de café, après comme une noix, puis comme une pomme, etc., que maintenant il est haut comme cela (je fais le geste) et qu'un jour, plus tard, il me dépassera certainement. Nous avons partagé des moments câlins assis par terre au parc, après avoir mangé nos sandwichs respectifs. Il était 13h. Or, dans 3/4 d'heure déjà, nous devons être à la crèche de ma fille.
Le chocolat chaud arrive. C'est du cacao en poudre... * petite déception de part et d'autre de la petite table ronde* Bref. Il y a aussi le petit carré de chocolat. Je demande à mon petit chéri de boire d'abord sa tasse avant de déballer le chocolat. Quelques minutes plus tard, je vois mon fils ouvrir délicatement le paquet et croquer dans le chocolat. J'ai terminé sa tasse dont il ne voulait plus. Mon petit coeur est là, à savourer le petit carré. Je suis stressée d'être en retard pour la crèche. Je m'imagine marcher avec Fiston en train de mâcher son chocolat. C'est faisable, me dis-je, on peut emporter ce bout de carré noir, contrairement à la tasse (c'est pour cela que je voulais qu'il la boive avant, puis aussi, parce que c'est cela qu'on paie, le chocolat chaud, pas le petit extra noir...pffff).
Mais, quelque chose me retient. Chaque fois que je veux demander à mon fils de se dépêcher, je repense à mes convictions "slow". J'ai aussi en tête ce texte qui a beaucoup circulé sur fb: "Le jour où j'ai cessé de dire 'dépêche-toi' ". Ainsi qu'un autre texte sur lequel je ne parviens plus à mettre la main. Je m'abstiens donc de parler. Je garde mon trépignement à un niveau raisonnable. Je garde le silence (des mauvaises langues diront que ce n'est pas possible
), bref, je suis là, et j'observe les derniers moments de vacances de mon garçonnet.
Puis, de manière inattendue, je le vois déglutir, regarder le ciel, et enchaîner, de manière si spontanée, si calme, si posée, par un "c'était très bon", empli de satisfaction.
***
Cette image de lui finissant son carré noir, son visage serein, son constat spontané, restera gravé dans ma mémoire. J'en ai les larmes aux yeux chaque fois que je me commémore cette scène.
J'ai compris à son air satisfait de celui qui a pris le temps de savourer, de goûter de sa bouche pleine le chocolat, que lui avait pris un plaisir fou et simple dans cet instant présent. Ce moment magique, savoureux et délicieux, j'étais à deux doigts de le lui gâcher, par un "dépêche-toi". Je minimisais largement la dégustation d'un "bête" carré de chocolat.
Avec les horaires de fou, la course du matin, ma fébrilité et mon stress d'arriver en retard (bien que mon réveil sonne désormais à 6h30), je suis malheureusement loin de bannir les "dépêche-toi" ou "accélère". Et j'en suis terriblement triste...