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12 février '14 - Enquête sur E. Badinter dans XXI

Dans le n°19 de XXL (magasine dont je parle ici), j'ai eu le plaisir de déguster un magnifique article sur Elisabeth Badinter.  Très équilibrés, les propos sur cette femme dont j'ai eu l'occasion de descendre un de ses derniers livres ici.  Des éloges d'un côté.  Puis cette analyse dont la lecture a failli m'arracher quelques larmes tellement les propos reflétaient si bien ma pensée:

 Propos d'Eliane VIENNOT, spécialiste de l'Ancien Régime:

« "Emilie, Emilie" est un très beau livre mais, scientifiquement, les travaux d'Elisabeth Badinter ne sont pas recevables.  Plutôt que voir ce qu'il y a à voir, elle cherche à démontrer des idées reçues...». 

Propos de Geneviève Fraisse, qui a beaucoup travaillé sur l'exclusion des femmes au moment de la Révolution:

«Partant de ses convictions sur la maternité, l'universalisme et le féminin, Elisabeth Badinter élabore des constructions théoriques.  Je ne peux être qu'en désaccord avec une telle démarche.  Elle incarne une forme d'intellectuelle généraliste, qui laisse de côté le travail épistémologique sur la question des femmes.»

Propos d'Eric Fassin, « Elle n'est pas assujettie à l'exigence empirique de vérité qui définit le monde universitaire.  (...)  Un chercheur qui commettrait de telles erreurs perdrait tout légitimité. Pour Elisabeth Badinter, comme pour d'autres essayistes médiatiques, c'est sans conséquences.»

Elisabeth prétend n'avoir "aucune fonction opérationnelle chez Publicis".  Pourtant, Maurice Lévy, PDG du groupe, assure que "Ensemble, le dirigeant que je suis et la principale actionnaire qu'elle est [Elisabeth]  forment un vrai tandem".  De deux soit l'une.  Soit Maurice Lévy ment, soit c'est Elisabeth qui voit son nez se rallonger.

Enfin la conclusion de l'article:

"Femme laïque, femme de gauche, pas facile pour une héritière.  Elisabeth Badinter a su convertir l'aristocratie de l'argent en aristocratie intellectuelle, et elle voudrait faire oublier qu'elle appartient toujours à la première.  Progressiste à l'ancienne, à l'élégance si classiquement française, elle ne croit qu'aux grands principes issus d'un passé prestigieux, seuls viatiques d'un présent décevant.  L'inaltérable XVIIIè siècle est son refuge, sa certitude, son confort.  Elisabeth Badinter est d'un autre temps." 

Voilà qui est bien dit.

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