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20 juillet '14 - Mon QI, mon intelligence et mon esprit critique...Gauss, Flynn, Lignier...

Avertissement 

Si vous entamez la lecture de ce texte, lisez-le jusqu'au bout. 

 - Je sais, c'est long. Courage. Vous n'êtes pas obligé-es.  
Sinon, lisez au moins ma conclusion.-

A défaut, vous risquez de passer à côté de mon message, et de ne pas comprendre mon deuxième degré, parfois.
Par conséquent, de mal comprendre ce que je veux m'évertuer à exposer.

*****

J'arrive pile poil à l’heure à mon rendez-vous avec la psychologue contactée pour me faire passer un test de QI.  Le ventre vide.  La tête brouillée par une nuit trop courte.  Pour une raison qui me dépasse, je m’aventure dans des activités nocturnes sans intérêt – internet et couture - qui empiètent sur mes besoins de sommeil et qui pervertissent mon comportement avec mes proches (cris, hurlements, menaces, chantages…Bon, ok, j’arrête là mon auto-sabordage). 

Une pensionnée passionnée par les HP 

C’est une vieille dame qui m’ouvre la porte.  Je la savais pensionnée.  Je m’étais toutefois imaginée une jeune retraitée.  Elle est de loin plus âgée que l’animateur, retraité, de mes ateliers d’écriture.  Elle est aussi plus vieille que mes parents.  Elle consacre son temps libre à détecter les HP...de manière gracieuse, ou presque.  

Nous nous installons dans son salon.  J’explique que je suis là parce que je me pose des questions, que celles-ci débouchent toutes sur des impasses.  Qu’après avoir retourné le problème dans tous les sens, la seule issue qui me soit venue à l’esprit pour avancer était de découvrir moi-même le test de QI, de le passer et de voir où je me situe selon ce dernier. 

Le dialogue s’installe.  J’en viens à parler de mon parcours.  Ce qui implique des explications sur ma naissance, sur mon arrivée en Belgique, sur ma scolarité.  Je continue avec quelques mots sur mes études, ensuite sur mon état professionnel.

Un parcours atypique  

La psychologue souligne combien mon itinéraire est atypique, exceptionnel.  Je reçois cette remarque avec émotion.  Des larmes montent…ou plutôt, (en dé-)coulent. 

Il est très rare qu’une personne reconnaisse d’emblée, sans que je doive l’expliciter, l’ampleur des obstacles et des efforts que j’ai du fournir pour être où je suis (être ce que je suis ?).  Mes parents ont toujours refusé de victimiser.  Le fait que je sois une déracinée n’a jamais été invoqué pour louer ou justifier mon parcours scolaire et/ou personnel (mais bien pour justifier que je doive fournir plus d'efforts que les autres pour palier les préjugés bien enracinés, ceux-là).  Ce passé constitue un fait tellement naturel, ou paraît insignifiant pour la majorité des gens, que personne n’a jamais semblé comprendre le combat intrinsèque à mon arrivée, mon installation en Belgique, ainsi que tout ce qui s’en est suivi. [Mon but n’est pas de me la jouer lyrique; ce n’est pas mon truc, hein, on est d’accord.  Pas de violon.  Juste un constat] 

La seule fois où j’ai cru déceler une sorte de reconnaissance de cette lutte, c’était chez un ami journaliste de mon père, celui-là même à qui j’avais proposé mon texte relatant mon retour sur mon lieu de naissance, témoignage qui avait été publié une première fois dans un journal francophone cambodgien.  En chapeau de mon récit, le journaliste m’avait décrite comme « ayant passé une enfance tranquille et réussi des études brillantes ».   A moi, il m’avait exprimé son envie de montrer d’autres réalités, comme mon combat, à « ces jeunes et moins jeunes qui avaient tous le cul dans le beurre nés avec une cuillère en argent dans la bouche ».  Cet événement date de 2003.  J’avais 25 ans.  

Onze ans plus tard, c’est à cet ami journaliste que je pense lorsque la dame en face de moi évoque mon parcours.  Il m’a conduite à subir les préjugés et le mépris des fils et filles de notables calfeutré-es dans leur confort, débordé-es de billets de banque, et se débattant avec des problèmes de nanti-es.  De mes années en maternelle jusqu’à l’université.  J’en garde une amertume encore vivace à l’égard de la classe bourgeoise, les pleins de frics aux idées courtes comme je les ai un jour qualifié-es. 

Des faiblesses en arithmétiques 

Dans la suite de notre dialogue, j’évoque aussi mes faiblesses notables avec les maths et les chiffres.  La psychologue me rétorque que les problèmes d’arithmétique révèlent soit une déficience intellectuelle, ce que, au vu de mon parcours, je n’ai pas, soit des carences affectives.  Je repense tout de suite à Qui a peur des mathématiques ?   d’Anne Siety[1] (je parle de ce bouquin ici et ici).  Cette explication trouve évidemment écho en moi. 

Le WAIS III et non le WAIS IV...Flûte, l'effet Flynn! 

Après une heure de bavardage, me voici à la table de la salle-à-manger convertie en table de travail.  Elle m’explique en 2 mots qu’elle me soumettra au WAIS III, lequel ne nécessite plus guère de calculs compliqués grâce aux tables de conversion.  A ce stade, ses explications sur les tables ne m’intéressent pas. 

Par contre, mon esprit turbine.  Je regrette d’emblée qu’il s’agisse du III.  Une nouvelle version WAIS IV est disponible depuis 2011.  Compte-tenu de l’effet Flynn[2], à moins de me situer sur une extrémité de la courbe avec un résultat de l’ordre de 140 ou plus, je sais déjà que, à mes yeux, le résultat ne révélera rien…

Ci-après, je me permets donc de donner parfois quelques détails des subtests puisque le WAIS III est obsolète.  Il semble toutefois que certains items soient repris dans le IV.  Quiconque veut passer le IV et ne veut pas être influencé-e devrait peut-être réfléchir à deux fois avant de lire ma belle prose qui suit.  he

Complètement d'images 

   Le premier test consiste à identifier ce qui cloche sur des     dessins.     Mes lectures, notamment cette page très claire sur le net et le livre de Jean-Luc Bernaud, ainsi que des extraits du livre de Jacques Grégoire sur g°°gle books: L'évaluation clinique de l'intelligence de l'enfant (j'avais adoré son intervention ici) , qui ont suivi mon test me permettent de mettre un nom sur ce premier « test ».  

Il s’agit du « subtest » complètement d’images.   Il mesure le sens de l’observation.  Ce subtest me paraît archi-simple et je ne comprends pas comment on peut oser présenter des images où la pièce manquante est si évidente.  Mes réponses fusent.  Tellement que devant une photo, prise dans mon élan, je me trompe une première fois.  Je dois dire que les réponses me semblaient si flagrantes que je n’avais pas du tout regardé l’image et avais montré la première chose qui m’était apparu, ma réponse avait jailli comme les précédentes.  Mon interlocutrice m’enjoint de me concentrer et de regarder l’image.  Du coup, je regarde plus globalement et constate effectivement une autre pièce manquante.  Flagrante.  Quelques autres images faciles plus tard, dont les réponses ont fusé instantanément, la dame me présente un test en disant : « et maintenant, ce cheval (ou la vache ou âne ou autre – je ne me rappelle plus) ! ».  Sans doute n’a-t-elle voulu rien dire de spécial, mais le fait même qu’elle ait présenté l’image avec cette information, je me suis demandée si celle-ci était dès lors plus difficile.  J’ai commencé à me poser plein de questions en tête.  Pourquoi m’a-t-elle dit que c’était un cheval ?  Tout en regardant l’image, je ne la voyais pas vraiment, j’étais plutôt concentrée sur ce qu’elle venait de me dire…bref. Il m’a fallu plus de temps pour cet item. 

Dans la série, je bloque aussi devant une autre image.

Immédiatement, ce qui manque saute à mes yeux, tellement que je me ravise et suspends mon doigt. Non, cela ne doit pas être ça.  On pourrait comprendre l’image autrement.  La « photo » peut avoir été prise alors que le liquide vient d’être versé ou avant que le verre ne soit de nouveau rempli.  Après tout, la cruche n’est pas transparente.  On ne voit pas où est le niveau du liquide dans celle-ci…Bref, je tergiverse.  Là-dessus, mon interlocutrice, voyant mon hésitation, m’encourage : « Allez, oui, vous le savez.  C’est parfois très évident ».  Bon, là-dessus, je reviens sur mon impression première. 

Il ne me vient qu’une seule image sur laquelle j’ai complètement bloqué.  Aussi parce qu’en me la présentant, la dame m’a donné des explications.  « C’est une maison. Il a neigé la nuit et personne n’est entré ni sorti ».  Je ne sais pas…J’ai regardé l’image en me focalisant aussi sur les indices qu’elle m’avait soufflés. Je partais déjà dans une histoire.  C’est la nuit, il y a peut-être des gens à l’intérieur, auquel cas, vu la stupidité parfois des images précédentes – le coup de la cruche - , cela pourrait être l’absence de fumée ?  Mais non, parce qu’on peut aussi imaginer qu’il n’y a personne dans cette maison…bref.  Cela allait bon train dans ma tête.  

En outre, je me demandais si, comme les autres fois, c’était normal qu’elle me parle, si, ce faisant, elle m’aidait, si son indice était important pour que je trouve la solution, si ..si…bref, je n’arrivais plus à regarder l’image.  Et même en la fixant longuement, je n’ai pas trouvé ce qui clochait.  Lorsqu’elle me l’a montré, cette absence de pssss (je ne vais quand même pas tout dévoiler he)  m’a évidemment tellement sauté aux yeux que je me suis demandé comment j’étais passée à côté. 

Pour ce sous-test, j’ai le souvenir que ma seule erreur réside dans cette image de la neige. Pourtant, ma note pondérée est de 13/19*.  Ce qui se situe dans la moyenne, un petit peu supérieure…Du coup, je ne comprends pas très bien comment se situer au-delà  Est-ce que tout s’est joué sur cette image ?  L’autre explication consiste à penser que j’ai certainement séché sur d’autres images dont je ne me souviens pas.  

De plus, comme elle m’a reprise une ou deux fois sur des images où mes réponses étaient trop précipitées, j’ai l’impression d’avoir été aidée, d’autres fois, d’avoir été « handicapée » par ces indices…Pour le dire autrement, à l’image de tout le test de QI, je peine à considérer les conditions de passation comme valables, invalidant de facto le résultat obtenu. 

A ce stade, il convient de préciser ce que signifie cette note pondérée.  13/19 ne traduit pas 13 bonnes réponses sur 19 questions.  Loin de là. 

 

En réalité, le test est conçu de telle sorte que l’adulte moyen obtienne une note pondérée de 10 à chaque sous-test.  En d’autres termes, les résultats bruts des questionnaires sont convertis avec une pondération de manière telle que le résultat pondéré ne reflète en rien le nombre de bonnes ou mauvaises réponses, mais traduit en fait mon niveau par rapport aux autres.  Pour le dire encore autrement, il se peut qu’un sub-test soit extrêmement facile pour l’individu au QI moyen. N’oublions pas que le test de QI vise aussi à déceler les déficiences cognitives.  Si le quidam au QI moyen réussit tout sauf peut-être une ou deux items, il aura, imaginons, 22/25.  Donc, si la moyenne des gens obtient 22/25, on attribue à la note 22/25, la pondération 10/19.  La personne qui obtient 20/25 hérite donc d’une note pondérée inférieure à la moyenne (moins de 10/19), une personne qui fait 23, 24 ou 25/25 obtient une note pondérée supérieure à 10/19.  Plus votre note pondérée approche des 19, plus vous faites partie des personnes rares qui ont donné des réponses correctes plus nombreuses que la majorité des adultes.

Le vocabulaire 

     Après le subtest visant à mesurer mon sens de l'observation, je me souviens, en vrac [je ne me souviens plus de l'ordre], avoir passé le subtest des définitions.  Mon 1er mot fut le "bateau".  Je l'ai défini comme je l'aurais défini à mon fils, avec une image, par analogie winktongue.  Une sorte de radeau un peu plus sophistiqué.  La psychologue m'a reprise. "Bon, allez, non, qu'est-ce qu'un bateau?".  Du coup, j'ai compris qu'elle attendait de moi une définition plus académique, genre: moyen de locomotion sur l'eau; pour transporter des personnes ou des choses...

D'après ce site, il y eut 33 mots.  Aucun ne m'a posé de problème, à l'exception d'un ou deux mots, l'un synonyme d'hypothèse, l'autre, le terme "sanction"...j'ai obtenu une belle note pondérée de 18/19*...Faut croire que j'ai un vocabulaire relativement étendu.  Le test n'a fait que confirmer ce que je savais déjà...A force de lire tout azimut, des mots finissent quand même par intégré ma noix de coco he

Pour moi, ce subtest de vocabulaire ne mesure en rien l'intelligence, cognitive ou autre.  Il mesure le niveau de connaissance générale du vocabulaire.  Point.  pCeci dit, ce qui reste un mystère, c'est la prise en compte de la qualité des réponses données en fonction de données statistique.  Les cotes à ce subtest s'attribuent également en fonction de la "qualité" des définitions données.  Comme l'a indiqué la psychologue cognitiviste Véronique Burban, la qualité des réponses joue également.  A côté des réponses moyennes, il semble qu'il y ait des réponses typiques aux HP.  

 

Les similitudes 

  Le subtest suivant, celui des similitudes m'a encore plus    hérissée, en particulier sur 2 items sur 19 paires de mots.  

Il s'agissait de donner le point commun entre deux termes.    "manger et respirer": j'ai expliqué qu'il s'agissait de deux actions physiologiques du corps, dans le sens d'un besoin physique du corps (définition de "physiologique": voir ici) ou dans le sens d'une action que tout corps normalement constitué va faire pour vivre (définition du petit Larousse: "se dit du fonctionnement normal de l'organisme humain".  Je connais bien cet adjectif depuis mes recherches sur l'accouchement physiologique, mot que je préfère à "naturel"; le naturel étant souvent teinté de culturel).  Pourtant, la psychologue n'a pas retenu ma définition. Elle attendait " ce sont deux actions nécessaires pour vivre"...Ben voyons, elle n'a pas vu le terme "physiologique" dans ses papiers, et du coup, a invalidé mon point commun...Cela se discute, selon moi.  

Je râle aussi pour cet item car je me suis souvenue que je connaissais cette question, elle fut posée à titre d'exemple par une psychologue cognitiviste (ici, vers 1h04).  

La deuxième paire que je conteste est : laine/soie.  Pour vous, quel est le point commun?  Pour ma part, j'ai répondu qu'il s'agissait de deux textiles, isolants, appropriés en cas de froid.  Comme ma réponse semblait ne pas la satisfaire, j'ai cogité un peu plus et ai déterminé, ô évidence!, qu'il s'agissait de deux matières issues d'un animal (donc, proscrites par les vegans).  Ma réponse est juste. Pourtant, la psychologue me l'a invalidée.  Parce que je n'ai pas répondu: "ce sont des matières qui servent à fabriquer des vêtements". Heu...tellement évident que je n'ai pas pensé à le préciser avec le mot "textile".  

Une amie, accessoirement femme, mère et psychologue, ingénieure ;-), m'indiquait que la psychologue aurait du me demander: le point commun le plus flagrant.  Cette précision ne figure pourtant pas dans l'explication du WAIS sur ce site, ni par Jean-Luc Bernaud, professeur en psychologie et auteur de Tests et théories de l'intelligence.  

En réalité, selon la psychologue cognitiviste, Véronique Burban, les surdoués tendent à donner la réponse la plus générale.  Pour ce subtest également, la qualité de la réponse est prise en compte.  Il y a les réponses que les gens au QI moyen donnent, puis, il paraît qu'il y a les réponses typiques des HP, sur une base statistique. J'aimerais bien voir par moi-même le cahier de réponses, comme Véronique Burban fait avec les gens qui la consultent.

Il y eut aussi cette paire: brouillard et pluie...Quelque chose du genre...je voyais très bien que la réponse penchait au niveau de l'humidité mais je ne suis pas parvenue à dire les choses clairement.  Quant au vent et à la pluie, à part dire que ce sont deux éléments de la nature en mouvement, je n'ai pas été plus précise.

C'est sans doute ces quelques paires qui ont fait baisser ma note pondérée: 16/19*.  

Les deux paires que je cite expressément illustre parfaitement bien une des limites majeures de ce subtest.  Qui est corrigée dans un test de créativité comme celui qu'évoque Jean-Charles Terrassier dans son ouvrage intitulé Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante, livre que j'ai emprunté et déjà rendu à la bibliothèque.  Il mentionnait cette limite du subtest de similitudes, préférant une autre consigne mesurant également la créativité: " citez-moi toutes les similitudes entre ces deux mots".  J'ai évidemment pensé à cette critique lors de mon dialogue avec la psychologue.  Bon, évidemment, si les HP citent, statistiquement, les similitudes les plus générales...mais qu'en même temps, les HP ont un esprit de créativité (la divergence)...finalement, qu'est-ce qu'un HP?

La compréhension

  Bizarre d'intituler le subtest suivant de "Compréhension".  Il s'agit en réalité de répondre à 18 questions de connaissance générale.  J'ai tiqué sur plusieurs questions.  "Pourquoi a-t-on recours à un jury populaire?"  Vous pensez bien, moi qui ai étudié le droit, j'avais quand même abordé cette question au cours de mon cursus de 5 années + 1 année et 1/2 en spécialisation en droits de l'homme.  

En réalité, il y avait beaucoup de questions relatives au droit: "Pourquoi y-a-t-il un âge minimum pour voter?"...Ben, avant, on votait à 21 ans, ensuite la majorité a été baissée à 18 ans dans nos contrées.  L'âge du droit de vote est une condition légitime de restriction au droit de vote, dixit les instances internationales de droits de l'homme.  J'explique que le facteur culturel est en jeu puisque de 21, on est passé à 18 ans.  J'ai pensé mais pas dit: rappelons-nous que ce n'est qu'après la seconde guerre que la femme peut voter en Belgique aux élections parlementaires...J'ai travaillé sur le droit de vote des étrangers et ai rédigé un petit texte retraçant l'histoire du droit de vote en Belgique, donc je connais un peu la matière...Autant dire que la réponse attendue: à savoir parce que sinon, plus jeunes, les individus risquent d'être influencés par leurs parents...Heu, oui, cette réponse me paraît tellement évidente, qu'elle est inintéressante en soi, parce que cette réponse fut la même pour les femmes en son temps.  Avant, on était idiote quand on était une femme. Jusque 1893, on était sous influence en tant que femme et en tant qu'ouvrier... etc. etc. 

Autant dire que les réponses sont des réponses conventionnelles. Archi-conventionnelles. Forcément..Selon Marlène Fouchey, ce subtest "fait appel au bon sens et aux règles de fonctionnement de notre société. Il mesure le niveau de raisonnement logique verbal".  "Il mesure la capacité d'adaptation sociale et morale".  

"Pourquoi cuit-on les aliments?" Heu, pour plein de raisons, notamment pour les rendre comestibles, parfois pour des raisons d'hygiène (moins risqué de cuire que de manger cru).  Apparemment, il fallait aussi répondre: pour une question de goût et de texture.  Ben, ça, franchement, je n'y avais pas pensé...Par contre, j'ai pensé à la tendance crudivore, aux instinctos...qui mangent des aliments crus, et peu transformés, ce qui m'a fait réfléchir, à l'époque, sur notre propension à manger des aliments cuits...

J'ai quand même obtenu une note pondérée de 16/19*.  

Ceci dit, ce test, de culture générale...n'est rien comparé à un véritable équivalent au Trivial Poursuit, j'ai nommé le subtest Information.

L'information

  Ici, il s'agit clairement d'un test de culture générale.  Je me  suis toujours trouvée nulle à ce niveau.  Aucune connaissance cinématographique, musicale (de mémoire, il me semble qu'il n'y avait aucune question en cette matière)...La géographie, je confonds tout.  L'histoire, n'en parlons même pas..."La performance à ce subtest est influencée par le milieu socioculturel du répondant" (source: Jean-Luc Bernaud, p. 77). Mon intuition est avérée. Ma note frôle la moyenne: 11/19*.  Rien de surprenant.  

En même temps, "qui a écrit Faust?", hein?  Il y a plein d'auteurs...mais là, je suis de mauvaise foi.  J'imagine que la réponse attendue était Goethe...Etonnant de voir débarquer dans un test de QI une allusion à la pédagogie Steiner (que la psychologue descend par ailleurs, comparant une école Steiner à un asile de fous. Pour ce jugement, elle se fondait sur un constat datant d'il y a une dizaine voire une vingtaine d'années...Goethe est un auteur important pour Steiner...Le savait-elle, cela, la psy? tongue  Allez, j'arrête avec ma mauvaise foi...).  

Culture générale moyenne...Ben, à côté des gens que je côtoie, je vais être franche, je passe mon temps à cacher mon ignorance. Martin Luther King..Oui, "I have a dream"... Mais évaluer une période...J'en suis incapable.  J'ai parlé d’apartheid. Le terme exact aux Etats-Unis est "ségrégation raciale".  Bref, bref...

Le code 

  En haut de la page, vous avez des chiffres et des codes  correspondant à chaque chiffre. Ensuite, vous avez un tableau avec plein de chiffres et une case vide sous-jacente à celui-ci. Il s'agit de remplir le plus grand nombre de cases dans un temps imparti.  Quand elle m'a donné les consignes, j'ai tout de suite pensé: "bon, facile, je recopie tous les "1", puis tous les "2".  Non, non, il faut remplir les cases dans l'ordre.  J'ai eu un stress qu'il me faille mémoriser les codes et remplir en fonction de ma mémoire des codes...Non, il s'agit d'aller du code indiqué aux chiffres et de convertir ce chiffre en code, puis de répéter l'opération.  Et ce, le plus rapidement possible. 

J'ai mis du temps pour comprendre que ce subtest s'appelle "code".  Il vise à mesurer l'attention et la rapidité de travail sur le plan grapho-moteur.

S'il y a bien un test pour lequel je fus convaincue, avant mes lectures, qu'aucun biais ne me paraissait possible, c'était celui-ci.  Elle ne m'a pas parlé.  Elle ne m'a pas aidée (elle n'aurais pas pu).   J'étais concentrée.  Je me disais, la note pondérée que j'obtiens à ce subtest doit me donner une indication non biaisée.  15/19*.

Puis j'ai lu sur le site de Marlène Fouchey qu'il était important de réaliser une analyse qualitative de cet exercice, les erreurs étant source d’informations importantes.  Or, lorsque la psychologue a calculé mes notes pondérées et mon QI en 10 minutes devant moi, elle s'est juste contentée de compter le nombre de lignes que j'avais remplies, sans vérifier si je les avais correctement remplies...Test invalide à mes yeux donc! Même celui-là.  cry

L'arithmétique 

 Ce subtest vise à poser oralement 20 problèmes mathématiques (mon cours de mesure comme nous l'appelions en primaire).  Vous savez, le coup de deux trains qui partent en même temps, mais l'un qui roule à du X à l'heure et l'autre à du Y à l'heure, sachant que l'un doit s'arrêter à tel et tel endroit.  Que l'autre doit déposer et prendre des marchandises à telle et telle gare...A quelle heure et où vont-ils se croiser?  Bref, vous vous souvenez de ce genre de problèmes?

Rien que d'entendre les problèmes, j'avais envie de fuir. Loin loin.  Les premiers sont faciles.  Archi-faciles.  Exemple: à la fin de la journée, un boulanger a vendu X pains. L'après-midi, il en a vendu Y.  Combien de pain a-t-il vendu le matin? Bon, c'est vrai que le test vise aussi à repérer les sous-doués, ceux qui sont de l'autre côté de la courbe de Gauss. Je dois parfois demander à la dame de me répéter deux, voire trois fois l'énoncé. Une première fois pour entendre toute la problématique, une seconde fois pour saisir les chiffres importants, une troisième fois pour effectuer les calculs.

J'ignore si le protocole permet cette répétition de l'énoncé.  Si c'est autorisé, je trouve que je me suis bien débrouillée.  Pourtant, que je peinais!  Je devais demander et redemander les chiffres pour effectuer mes calculs.  Au niveau de la résolution, pour la majorité des problèmes, la formule de résolution me sautait aux yeux.  Pour ceux-là, il me suffisait d'appliquer la méthode de calcul (une règle de trois, une soustraction, une équation simple, etc.).  Le calcul mental n'a jamais été mon fort - je passe toujours un temps fou pour calculer mentalement, tellement que je renonce parfois à vérifier si le commerçant m'a rendu le compte correct- mais je trouve que je m'en suis bien sortie.  

Par contre, pour les problèmes dont la solution ne me sautait pas aux yeux, j'étais incapable de chercher, de réfléchir et d'élaborer une méthode de résolution, comme cela à chaud, devant quelqu'un, et ce, oralement.  Il y a nombre de fois où, après avoir demandé à la dame de répéter à plusieurs reprises, j'ai tout simplement zappé, trouvant le problème trop difficile, paniquant même à l'idée de devoir rester dessus.  C'est sans doute cela que la psychologue appelle "être envahie par ses émotions".  Pourtant, au vu du résultat, je m'en sors bien.  13/19*.  J'ai fait pire ailleurs...Ceci dit, je me souviens avoir ressenti de la colère, tellement j'ai trouvé les items archi-faciles à l'exception de l'un ou l'autre problèmes (disons, 2-3).  Je me répétais: franchement, même moi, j'y suis arrivée!  Faut croire que la différence se faisait sur ceux que j'ai laissés filer.

Evidemment, dans mes conditions de passage de mon test, si la psychologue était autorisée à me répéter autant de fois que je voulais les énoncés, je trouvais les items encore facile. Si elle ne pouvait pas, évidemment, chapeau bas pour ceux qui réussissent.

Rien à voir avec les subtests suivants: la mémoire des chiffres et les cubes...

La mémoire des chiffres 

 

 S'il y avait bien un subtest où je me suis portée vaincue  avant même d'entendre l'énoncé, c'est celui-ci.  Moi, retenir plusieurs chiffres?  Impossible.  Il paraît que c'est pour calculer ma mémoire à court terme et ma mémoire de travail. Mais pourquoi des chiffres? Pourquoi pas des couleurs, des mots, une liste de courses, des animaux, que sais-je moi? Pourquoi calculer la mémoire à court terme par des chiffres? (ici un article qui me paraît pas mal conçu. Pas encore lu jusqu'au bout)

Bref.  En fait, au bout d'un moment, j'ai compris que le son de la dame retentissait encore dans ma tête.  Il s'agissait pour moi de simplement répéter les chiffres comme un écho de son.  C'est exactement cela: un écho.  D'ailleurs, on parle de mémoire échoïque en psychologie.  Au début, je tentais de retenir les chiffres.  Ensuite, j'ai compris que je pouvais me contenter de répéter le son qui faisait écho dans mon oreille sans tenter de visualiser ni de savoir ni de comprendre ce qui sortait de ma bouche.  Simplement répéter le son qui teintait encore à mon oreille.

Cette méthode a eu des limites. J'ai rapidement arrêté. Le pire a été au moment de répéter à l'envers.  Là, après 2 ou 3 chiffres, je n'y arrivais tout simplement plus. Je confondais tout.  Dès que l'afflux de chiffres était trop important pour moi, j'ai commencé à paniquer, limite, je me prenais la tête dans les mains.  C'était trop difficile. Je n'y arrivais pas.  Vu mes performances, j'ignore comment la psychologue m'a pondéré une note de 11/19*.

Ah, mais c'est que la torture a continué...avec les cubes! 

Les cubes 

 J'ai accueilli avec dégoût, scepticisme et découragement les   cubes   posés par la psychologue devant mon nez.  Mon dieu, bon, allez, faut bien y passer.  Il s'agissait de reproduire 14 dessins avec les cubes uni ou bi-colores.  

Le premier item fut une torture.  J'entendais le tic tac de son chronomètre qu'elle avait actionné pour cet exercice.  Je n'y arrivais pas.  Le téléphone a sonné.  J'ai du coup senti la pression un peu tomber vu qu'elle ne restait pas devant moi à me regarder piétiner.  J'ai manipulé les cubes pour mieux les examiner.  Il paraît que j'ai mis 5 minutes pour parvenir à la figure n°1.  Mais comment a-t-elle pu chronométrer correctement vu que je suis parvenue à reproduire la forme alors qu'elle était eu téléphone?  

Une fois revenue, ce fut le tour d'une autre forme. Le téléphone a sonné plusieurs fois durant cet exercice.  J'ai souvent séché. Elle m'a quelques fois aidée.  Je la sentais s'énerver un peu que je n'y arrive pas...

Qu'est-ce que les cubes sont censé mesurer chez moi?  Mon "organisation visuo-spatiale, visuo-constructives ( nécessite la mise en référence de l'espace par rapport au sujet lui-même), l'exploration visuelle"  (source: Marlène Fouchey).  Selon Jean-Luc Bernaud, ce subtest mesure l'intelligence concrète et la coordination visuo-motrice.  Ben, j'ai toujours su que j'étais archi-nulle.  J'ai du en réussir un ou deux correctement dans un temps correct. Je me demande où elle a été pêcher le 11/19*.  A me demander très sérieusement si elle ne truque pas les résultats pour me mettre toujours un chouïa au-dessus de la moyenne?  C'est une conjecture.  Mais elle est sérieuse au vu de mon vécu.  

Les matrices 

 

 A ce stade, je me dois de préciser que je ne me souviens plus de l'ordre de passation des subtests.  J'ai l'impression que mon recensement n'est pas complètement erroné, mais je ne saurais le certifier.  Les exercices se sont succédé sans relâche. Ceci dit, l'ordre décrit par l'auteure de ce blog  que je découvre en rédigeant ce billet, est plausible aussi (blog dont je vous reparlerai sans aucun doute puisqu'il s'agit d'une Cambodgienne née en Thaïlande en 1981, peu de temps après l'invasion vietnamienne au Cambodge).  

Pour ce qui concerne les matrices, elles constituent l'essentiel des tests que l'on trouve sur internet, notamment les tests Mensa.  Je me suis toujours sentie archi-nulle pour ce genre d'exercices que l'on trouve partout (internet, livre pour le recrutement, etc.). Je suis donc surprise d'avoir découvert des matrices archi-simples. Je me demande même s'il s'agit des bons exercices...Ceux sur internet sont beaucoup plus compliqués.  J'ai le souvenir d'une matrice où j'ai mis beaucoup de temps.  La dame m'avait posé les dessins avec un mot d'introduction.  J'ai été déconcentrée par ses paroles, il m'a fallu beaucoup de temps pour trouver le résultat qui pourtant sautait aux yeux.  Curieusement donc, j'ai obtenu 16/19*.  Je ne parviens pas à croire que les matrices qui m'ont été présentées étaient celles du le test officiel Wais III, ou peut-être est-ce là que la mise-à-jour vers le Wais IV est le plus pertinent?  Les matrices étaient archi-simples.

L'arrangement d'images 

 Il s'agit de remettre dans l'ordre des séries d'images.  Je cite PandaVG : "reconstituer, en un temps limité, une histoire logique à l'aide d'images. Il faut mettre les différences séquences dans l'ordre en faisant attention aux petits détails. Sert à évaluer la séquence temporelle de la personne, sa capacité d'anticipation des conséquences.  Cette épreuve nécessite de la planification et un€bon esprit de synthèse.  La créativité est un atout pour obtenir de bons résultats à ce subtest".

Voici un subtest facile.  Pourtant, j'ai séché à 2-3 endroits, ne comprenant pas l'humour sous-jacent. En particulier, le cas du type qui prend un taxi.  N'importe quoi. La dame m'avait prévenu que l'humour valait moins que 3 balles.  J'ai obtenu la note honorable de 15/19*.

A noter que les subtests "compréhension" et "arrangement d'images", censés mesurer l'adaptation sociale ont récemment été remis en cause par certains auteurs (source: Jean-Luc Bernaud, p. 79).

Des subtests non passés 

Il semble que la psychologue m'ait dispensé de deux subtests: symbole et assemblage d'objets.  Si le premier est facultatif, ce ne semble pas être le cas du second.  Alors pourquoi n'ai-je pas été soumise à ce subtest?

 

Ce que je retiens de cette expérience 

Selon le test que j'ai passé, avec les conditions de passation, j'ai atteint un QI un chouïa au-dessus de la limite de 130.  Autrement dit, je pourrais m'arrêter là et me considérer HP.  

En même temps, vous l'aurez compris, je remets en cause les circonstances de passation du test, notamment le simple fait qu'il s'agit du Wais III, ainsi que le fait que je fus dispensée de passer le subtest symbole.  Par conséquent, je refuse de me fonder sur ce test pour me considérer HP. 

Quels éléments pourraient me laisser croire que ce test est crédible?

1)  Certaines de mes notes très moyennes pourraient laisser croire que les subtests n'ont pas été biaisés. Même si la dame m'aidait, je n'ai pas réussi au-delà de la moyenne.  

2)  En outre, il paraît, selon la psychologue consultée, que j'ai obtenu des notes élevées (16/19*) pour deux des subtests les plus importants : matrices et similitudes...Or, pour les matrices, je n'ai nullement été aidée.  Pour similitudes, peut-être qu'il y a eu discussion sur l'un ou l'autre item...Mais, a priori, les paires dont j'ai parlé, je les ai traitées ici surtout pour contester le fait que la psychologue n'avait sans doute pas validé mes réponses (manger / respirer et laine / soie).  

3)  Pour ce qui est des subtests de vocabulaire, je ne serais pas étonnée que, même dans le Wais IV, je sois un chouïa au-dessus de la moyenne. Après tout, les universitaires ne constituent pas la moyenne de la population.  Avec les études, j'ai sans doute acquis un vocabulaire plus riche que la population moyenne.  Aucune prétention de ma part.  Juste le constat lié non pas à une prédisposition innée mais corrélatif à mon parcours scolaire.

Quels éléments pourraient me laisser croire que ce test n'est pas valable?

J'ai énuméré nombre de mes interrogations face à mes conditions de passation du test.  

1) j'ai passé le Wais III alors que ce dernier est obsolète.  L'effet Flynn plane donc sur le résultat obtenu...Et franchement, comme je suis située autour des 130, le doute est permis.

2) je n'ai pas passé le subtest "symbole".

3) je me suis trompée devant l'un ou l'autre item et la psychologue m'a reprise, m'a laissé une seconde chance (complètement d'images et arrangement d'images).

4) la psychologue n'a pas vérifié si mes réponses au subtest code sont correctes.

5) pour le subtest "cubes", je me demande comment la psychologue a pu évaluer mes performances vu les nombreux coups de téléphone interrompant le subtest.

6) les matrices m'ont paru extrêmement faciles...Je doute qu'elles soient à jour

7) mon dialogue avec la psychologue me donne à penser qu'elle est imbibée de stéréotypes sur les HP que l'on peut lire dans tous les bouquins vulgarisés.  Traînaient d'ailleurs "Je pense trop" et "Les surdoués ordinaires" quelques par sur l'appui de fenêtre de son salon.  Le rapport (très court, 1 page et demie) fait également état de clichés (sensibilité, manque de confiance en soi)...

 

Hypothèse 1.  Je suis surdouée

Si je suis HP, je ne comprends pas le foin autour de la HPitude.  Si être HP, c'est être comme moi...il n'y a pas de quoi faire couler tant d'encre.  

Des HP qui sont mal dans leur peau...?  Il y en a comme il y a beaucoup de personnes qui sont mal dans leur peau et qui ne sont pas HP.  Comme il y a beaucoup de personnes HP qui sont bien dans leur peau.  (lire l'ouvrage "Les surdoués ordinaires"). 

Les fora regorgent de personnes qui se soupçonnent HP parce que hypersensibles, mal dans leur peau.  Si tu en es une de celles-ci, sache qu'il existe des thérapies qui peuvent t'aider à aller mieux.  La pleine conscience peut apporter calme et sérénité également.  D'ailleurs Siaud-Facchin a consacré son dernier livre à la pleine conscience comme habitude qui peut changer ta vie, HP ou non. Le fait que tu ne te sentes pas bien dans ta vie ne trouve pas sa source dans le fait d'être HP.  Comme me disait une amie: le haut potentiel est un faux problème.  Une personne qui va consulter pour un test de QI et pour une problématique de HP  consulte en réalité pour d'autres raisons que celles liées au QI.  Le QI aura seulement été le signe d'appel...

J'ai moi-même traversé des moments très difficiles, je me suis faite aider.  Cette main tendue pour recevoir de l'aide m'a ouvert de nombreuses portes, m'a ouvert les yeux sur des certitudes à ébranler.  HP ou non, ce n'était pas la question.

Et moi alors, HP ou pas, cela change quoi?  Moi, j'ai surtout envie de clouer le bec à ces gens qui sont fiers de se revendiquer HP.  Je vais lire prochainement La petite noblesse de l'intelligence (interview de l'auteur ici) qui paraît être critique.

En fait, j'ai pu me mettre dans la peau d'une surdouée.  Et je dois dire que, contrairement à ce que je pensais que cela m'apporterait, je n'ai pas revisité tout mon passé.  A quoi cela m'aurait-il servi?

En fait, la nouvelle ne m'a fait ni chaud ni froid.  Cette réaction serait-elle la même si je passais le test dans des conditions valables?  C'est LA question.  Je dois attendre quelques mois, le temps d'oublier les questions et réponses pour passer le Wais IV.  Cette interrogation, vous le comprenez, appelle un autre test, donc un autre billet.

 

Hypothèse 2.  Je ne suis pas surdouée

Si je ne suis pas surdouée, le mythe persiste à mes yeux. Les surdoués restent alors un mystère pour moi.

Je voudrais critiquer tout le chahut sur ce sujet.  Mes critiques que j'ai énoncées plus haut, j'en ai conscience, serait déforcées si je ne pouvais prétendre être moi-même HP.  J'ai l'impression que l'on pourra toujours me rétorquer que "je ne peux pas comprendre vu que je ne suis pas concernée".  Ceci dit, la lecture du livre de Wilfried Lignier (La petite noblesse de l'intelligence) m'ouvre une porte vu qu'il apporte une lecture nouvelle.  

En clair, pour le Wais IV, je veillerai à choisir un-e psychologue dont je m'assurerai du sérieux.  Un psychologue comme Jacques Grégoire dont j'ai parlé me parait digne d'écoute.  Ses propos oraux et écrits me convainquent.  Son exposé est pondéré. Il y a des gens qui se croient très doués et qui ne le sont pas, dit-il. Il y a confusion entre cause et conséquence.  Avoir des problèmes scolaires n'impliquent pas que l'enfant est HP.  Il y a des HP qui ont de l'humour, il y en a qui n'en ont nullement.  Il y a des non-HP qui ont de l'humour, il y en a qui n'en ont pas.  Il y des HP hyper-créatifs.  D'autres HP ne le sont pas le moins du monde...

En outre, il me paraît important de pouvoir dialoguer avec le/la psychologue après les résultats.  

Dans mon cas du Wais III, avec la psychologue que j'ai consultée, mes mises en doute sont tellement sérieuses et nombreuses (et en plus, elle consacre son temps quasi gratuitement) que je ne me sens pas la légitimité de venir la bousculer dans ses certitudes...

Peut-être que je devrais...Car, en attendant, beaucoup de personnes la consultent...C'est donc un mystère entier de penser que des personnes se fient au test qu'elle leur fait passer.  Où se love donc leur esprit critique?

Une amie avec qui j'échange sur le sujet du haut potentiel m'a demandé à plusieurs reprises en quoi cela me dérange que des personnes soient indûment identifiées HP, si ce faisant, elles acquièrent confiance en elles.  Pour moi, c'est une question de connaissance de soi-même.  Ces personnes viennent pour découvrir un aspect de leur personnalité.  Se fonder sur un aspect erroné de soi-même pour acquérir confiance en soi, c'est passer à côté de soi, à côté de certaines des véritables facettes de son identité.  Si je me croie HP alors que je ne le suis pas, selon les normes actuellement en vigueur, pour moi, c'est me fourvoyer royalement sur mon être, s'accrocher une fausse croyance de moi-même alors que je pourrais faire le travail d'enterrer cette croyance et découvrir d'autres aspects de ma personne.  Il y a quelque chose de l'ordre de l'authenticité, de LA vérité, de LA réalité...Je trouve dommage d'empêcher une personne à se connaître réellement et de la laisser croire quelque choses sur elle-même qu'elle n'est pas...Vous voyez ce que je veux dire?

   

 

  


 

[1] On peut, par exemple, lire à la page 66 de cet opus : «  […] nombre de ‘’blocages’’ en mathématiques tiennent à la façon dont celle-ci font résonner des questions intérieures, douloureuses, profondément enfouies chez les élèves ».

 

[2] L’effet Flynn exprime la thèse communément admise selon laquelle les scores au test de QI ne cessent de s’élever au fil du temps.  En d’autres termes, le niveau du QI de la population augmente avec le temps.  De sorte que si j’ai un QI supérieur à la moyenne sur base du WAIS III, cela ne signifie pas qu’en l’état de la population, en 2014, mes résultats soient supérieurs à la moyenne des gens en 2014. 

 

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S
Je découvre ce texte qui commence à dater mais que je trouve "excellemment pertinent". Je viens de passer le WAIS IV ce matin; je n'ai aucune idée de ce que "dira ou ne dira pas" le résultat.<br /> Que vous soyez ou non hp votre analyse témoigne d'une grande intelligence  il serait intéressant de le faire passer sur le site "adultes surdoués"
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D
Ok, moi, je me rends compte que j'ai de plus en plus de mal à fréquenter des personnes qui ne partagent pas de grandes visions communes de l'éducation, par exemple.  Style, il y aura un tabou sur les sujets qui touchent à l'éducation.  <br /> Cela peut aussi concerner les valeurs.  Lorsqu'une personne est tournée exclusivement sur sa réussite professionnelle, les voyages qu'elle effectue, l'argent qu'elle gagne, la dernière voiture qu'elle s'est achetée, le dernier I-pod/pad, truc machin qu'elle a acquis, il y a des chances pour que le lien soit difficile à s'établir...<br /> Bref, je peux discuter avec des gens très différents que moi, style mes collègues. Mais je ne suis pas certaines que je puisse maintenir une relation amicale solide si je vois que nos préoccupations sont aux antipodes des leurs.  <br /> Quant aux valeurs que tu énonces, elles me paraissent somme toute relativement communes. <br /> Je te posais la question sur ton entourage vu que tu expliques souvent dans tes billets comme tu te sens décalée.  Ton QI de plus de 130 expliquerait ceci.  Je voulais te suggérer qu'en t'entourant de personnes aussi décalées de toi (peu importe le QI), à force, tu ne te sentirais plus autant décalée.  Bref.  Je me comprends.  Ce n'est pas grave que tu ne me comprennes pas.  Je lis sur un autre commentaire que tu as fait un bout de chemin et que tu te sens mieux dans ta vie.  C'est le principal.
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P
Les valeurs communes, je ne sais pas trop en fait. Qu'appelle-t-on valeurs communes? En commun, nous avons l'ouverture d'esprit, la même notion du bien et du mal (la xénophobie et la maltraitance c'est mal, aider les autres quand on le peut c'est bien) ou l'envie de partager des choses ensemble. On discute justement de nos différences, on partage, on s'apprend des choses. Nos potes n'éprouvent pas spécialement d'attirance pour l'écologie par exemple ou bien ils n'ont pas d'enfant et n'en veulent absolument pas donc ça dépend, c'est quoi une valeur, c'est quoi un centre d'intérêt?
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D
Ah!  C'est une grande qualité que cette ouverture d'esprit.  C'est un constat que j'ai posé à mon propos, et que mon homme m'a confirmé.  J'en suis venue à manquer d'ouverture d'esprit...  Mais j'en suis consciente donc je tente de rester vigilante par rapport mon intransigeance.  D'autant que le monde est fait d'incohérence.  Or, c'est comme si je ne supportais pas l'intolérance.<br /> Et avec tes amis, certes, vous n'avez pas les mêmes centres d'intérêt, mais partagez-vous des valeurs communes?  Si pas, comment faites-vous pour discuter?Quant à mes ami-es, on ne partage pas non plus les mêmes centres d'intérêt mais on partage quand même quelques valeurs communes fortes. 
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P
On est tous le fou d'un autre .<br /> En fait c'est marrant mais mes amis n'ont pas mes centres d'intérêt ou alors on en a un en commun (basique du genre les séries US qui passionne un peu tout le monde) et c'est tout, on est plutôt tous très différents et pourtant on s'adore. Je ne pourrais pas fréquenter d'autres VG, j'ai l'impression qu'il n'y en a pas beaucoup comme moi. Mon mari est devenu VG 3 ans après moi (il l'avait déjà été quand il était ado mais c'était compliqué avec ses parents qui n'ont pas voulu en entendre parler puis il a laissé tomber) et on a décidé de laisser nos fils rester omnivores, prendre la décision d'aller à contre sens devra venir d'eux si un jour elle doit venir. Il faut avoir une certaine force pour supporter la vie d'un végétarien dans notre société de la bonne bouffe du terroir et je préfère que mes fils aient une vie moins compliquée. La cantine, les repas chez les copains d'école, ce sera moins pénible pour eux s'ils ne sont pas marginalisés. J'ai déjà lu que des parents VG comme moi étaient pire que les omnivores vis-à-vis de mes enfants, or je ne tolère pas qu'on vienne me dire quoi que ce soit au sujet de la façon dont j'éduque mes fils. <br /> Bref je conserve mes amis actuels et je ne m'en cherche plus de nouveaux même avec les mêmes convictions que moi. Pourtant je ne me sens pas décalée au milieu d'eux, je suis moi et ils apprécient ma compagnie ainsi.<br /> J'ai beaucoup d'affection pour les gentils fous xD
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