• [2012-02-17] 2 ans et 5 mois ou un petit miracle qui m'émerveille

    [2012-02-17] 2 ans et 5 mois ou un petit miracle qui m'émerveilleFiston dessiné par son papa (févr. 2012) - © S.L.

    Hier, j'avais la vague à l'âme, le blues, le cafard, le bourdon, le spleen. Bref, j'ai traversé un petit moment de déprime. Puis, c'est passé.

    Le soir, en retrouvant mon petit garçon dont la volubilité ne cesse de m'étonner, je me suis rappelée mes premières impressions après sa naissance. 

    Déjà enceinte, j'avais du mal à réaliser que j'allais devenir mère.  Moi, mère?  Moi qui peinais déjà à me prendre en main (selon moi), j'allais être responsable d'une autre vie?  Quand Petit Bout est né, ce sentiment d'incompétence s'est accentué.  Comment, pourquoi me suis-je lancée dans cette aventure?  Ce petit être dépend exclusivement de mon homme et moi. 

    Pendant les premiers mois, j'ai souvent pensé que ce n'était pas possible, que je n'y arriverais pas.  Ma grande hantise était que mon bébé n'aille pas bien, souffre de quelque maladie/problème, et que, inapte, novice, profane, je ne le détecte pas.  Je le voyais s'agiter, faire des sourires, pleurer.  Je l'ai vu malade (j'en pleurais de le voir fiévreux)...Il était si fragile, si petit, si démuni, SI DEPENDANT.  Dépendant de moi, de nous, ses parents.  Je me demandais comment j'allais tenir le coup.  Je ne parvenais pas à le voir plus grand.  A l'imaginer un jour ramper, marcher, nous appeler "papa", "maman".  Je ne comprenais pas, comment moi, j'allais l'aider, l'accompagner sur cette voie-là.  Bref, j'ai traversé de grands moments de doutes.  De scepticisme.  J'ai été emportée par le vertige de tant de responsabilités.  L'angoisse m'a guettée par moment.  Tout en me disant bien, quelque part dans mon cerveau trop échauffé, qu'on arriverait puisque bébé était là.

    Et voilà que je le vois courir, m'ouvrir la porte, m'accueillir par une phrase qui explique son (ou sa pré-) occupation du moment.  Hier c'était le fait qu'il avait demandé à son père de le dessiner de nouveau.  Avant-hier, il voulait savoir si j'avais toujours mon sparadra de la veille (sans rire, son premier mot, quand il a ouvert la porte de la cuisine a été: "tu as toujours ton sparadra, maman?").  Pas de "bonjour", "coucou".  Enfin, c'est déjà mieux que le "non, pars.  Je suis occupé avec papa" dont il me gratifie parfois.  Je vous assure, c'est agréable d'être accueillie ainsi quand on rentre par un froid de canard, alors que la nuit a déjà enveloppé la ville...

    Du coup, quand je repense parfois souvent à ce que m'a répondu m'fi sur le complexe d'Oedipe...qu'il pouvait commencer à 3 ans...Je me dis que le temps a filé, filé, filé.  Que d'autres défis, d'autres questions m'attendent auxquels je ne me suis pas du tout préparée.  Je réalise encore plus comme mon bébé, si petit et frêle hier, grandit.  Lui ne s'embarrasse pas de savoir si je suis prête à le voir grandir.  Il est.  Tout simplement.  A moi, à nous, ses parents, d'être présents. 

    Et voilà que je remets le couvert.  La petite vie qui s'épanouit joyeusement en moi ne manque pas de me rappeler qu'il faudra compter avec elle, dorénavant.  Et elle fait bien, car à force d'être emportée par le quotidien, je lui consacre bien peu de temps.

    Dans quelques temps, j'imagine que ce vertige de responsabilités me gagnera de nouveau.  La vue de mon petit, de ce qui m'entoure, devrait me rassurer.  Et comme la première fois, j'espère être guidée par cette voix qui me dictera que, de toute façon, il n'y a pas à spéculer, à remâcher, qu'il n'y a pas d'alternative. Bébé est là, donc on y arrivera.

    [2012-02-17] 2 ans et 5 mois ou un petit miracle qui m'émerveilleFiston dessiné par son papa (février 2012) - © S.L.

     

     

     

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