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Dernièrement, j’ai visionné un extrait du film « My dinner with André ». Puis, je suis tombée sur cet article concernant un tour du monde minimaliste et Végé. Et enfin, tout dernièrement, j’ai appris qu’une famille rêvait d’autarcie. Une de plus. Dans mon entourage, j’ai l’impression que tout le monde, ou presque, nourrit ce rêve d’autonomie, d’auto-suffisance. Cela m’a mis la puce à l’oreille, cette tendance lourde. Ces néo-ruraux, comme on dit dans le jargon.
Durant ma pause-carrière, j’ai aussi fantasmé une vie simple et quasi autarcique. « Au niveau d’un village ou d’un quartier, l’autarcie », préciserait mon homme. Etre autarcique pour une famille seule, ni l’une ni l’autre n’y voyons l’intérêt (celles et ceux qui seraient intéressé-es : en fin d'articles, quelques documentaires visionnés ou auditionnés avec passion l’an dernier, dont deux auxquels je pense très souvent : Enfances sauvages (interview radiophonique de l'autrice de Mon enfance Sauvage que je compte bien lire! en 2 parties : 1 et 2) et l'excellent: Être sans avoir (à visionner!).:
Ciel que j’en ai rêvé ! Et en même temps, une question me taraude. Mais qu’est-ce que j’irais faire dans une communauté, un éco-village ? J’ai peur des animaux, je n’ai aucun attrait pour la culture des légumes, des plantes ou des fleurs. Je ne suis pas spécialement bricoleuse. Sans doute, saurais-je me débrouiller, mais disons que je ne me suis pas spontanément tournée vers la construction de meubles ou d’immeubles.
J’ai l’impression que de mes mains ne sortent que des objets inutiles, dans le sens qu’ils ne sont pas essentiels, qu’ils peuvent être oblitérés dans un quotidien sobre et simple. Je parle de mes doudous, mobiles et autres bricolages. A part ça, j’adore lire et écrire. Mais, à quoi cela va servir dans une communauté qui aura besoin de bras et de jambes ? Dans une société low tech, internet figurera en haute place des objets superflus et surtout, énergivores. D’aucun-es prédisent déjà la mort du web (voy. ici et ici). La saturation de la toile arriverait en 2023, soit dans 8 ans.
Quand je visionne les reportages sur l’autonomie et l’autarcie, j’entends toujours cette même rengaine sur la réappropriation de ses savoirs, de son environnement. Il n’y a plus de métro, donc l’expression « métro-boulot-dodo » n’est pas de vigueur. Pourtant, c’est quand même « boulot-dodo ». Une phrase dans Enfances sauvages m’avait marquée parce qu’elle reflétait exactement ma pensée. Certes, le boulot est choisi mais boulot quand même. Et en autarcie, on travaille beaucoup. Dans Une vie pleine, l’autrice ne se cache pas de ce rythme effréné du travail.
Évidemment, ce rythme a du sens si le travail est choisi et apprécié. En même temps, si ce quotidien laisse si peu de place pour flâner, pour se poser, pour découvrir d’autres joies…tellement les tâches journalières sont prenantes et nécessaires, j’en suis venue à me demander si ce n’est justement pas de cette « aliénation-là » que nos ancêtres voulaient s’affranchir, notamment via la machine, via l’électricité, via le pétrole. Les tâches quotidiennes avalant tout leur temps, et leurs forces physiques, il ne leur restait guère que peu de temps pour vaquer à d’autres occupations ? Ou est la place de l’art ? de la contemplation ? N’est-ce pas se perdre au travail que de constamment garder la tête sur le guidon, même si ce guidon est naturel, écologique, économique et consciemment choisi ?
Sans doute que j’exagère. Tout de même, autant dans nos sociétés occidentales actuelles, l’intellect est privilégié, autant dans les sociétés visant l’autarcie ou l’autonomie, c’est le savoir manuel qui est plébiscité. Je crains de ne pas avoir ma place dans un tel environnement. Même si, certes, qu’est-ce que j’aimerais tresser des paniers, feutrer la laine, cueillir les plantes, les sécher…
C’est lorsque je pense à cela, à ce quelles pourraient être mes occupations dans un éco-village, si un jour, nous osions le pas, que je m’interroge sur ma reconversion professionnelle dans ma réalité d’aujourd’hui.
Quel sens aurait :
En 1 mot comme en 1000 : ce que j’aime faire n’a aucun intérêt dans et pour une société autarcique où il s’agit de « faire » « avec ses mains ».
Certes, il y a également tout ce qui concerne les enfants. Mais vous le voyez, ce n’est pas vers cela que je me tourne naturellement. J’aime les enfants. Au point de consacrer toutes mes journées à m’en occuper ? J’en doute.
Par ailleurs, je n’en ai pas encore parlé, mais cette envie d’un ailleurs, de partir…je m'en méfie. J’ai cette impression que, du coup, notre vie actuelle n’est qu’une parenthèse, n’est qu’une étape à supporter en attendant le Nirvana, en attendant de pouvoir atteindre LE but.
Je sais que la vie est changement. Qu’elle est synonyme de changements. Loin de moi l’idée ni l’envie de le nier. Mais, à force de viser un objectif et de tout faire pour ce dessein, les yeux rivés dessus, ma crainte est d’oublier de vivre le présent. Comme ces personnes qui attendent la retraite pour se libérer. D’autres attendent de perdre du poids. D’autres de gagner plus d’argent, d’autres de rencontrer leur âme sœur, etc. Pour moi, la vie, elle est ici et maintenant et non dans un idéal hypothétique.
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Vivre en autarcie / autonomie:
http://www.sonuma.be/archive/vivre-en-autarcie
http://www.ina.fr/video/CAF90000535
https://www.youtube.com/watch?v=F_hxfSCNJSU